Thomas Cartron dirige la Maison des Arts Agnès-Varda

photo : Mathilde Fanet

La Maison des Arts Agnès-Varda et l’artothèque à Grand-Quevilly a une nouvelle direction. Thomas Cartron succède à Marie-Laure Lapeyrère et souhaite s’inscrire dans une continuité de programmation avec l’ambition de rendre l’art contemporain toujours plus accessible.

Thomas Cartron est photographe. Dans sa pratique artistique, il aime casser les codes et détourner les outils en explorant diverses techniques. Ses images poétiques révèlent des peintures abstraites et deviennent des souvenirs qui s’effacent au fil du temps. Avec son complice plasticien, Sylvain Wavrant, il est à l’origine de Nos Années sauvages, un collectif très actif à Rouen et organisateur de quelques expositions et événements mémorables. Ensemble, ils ont lancé le projet de L’Autre Lieu, espace de création et de mémoire dans l’établissement public départemental à Grugny, proposé des résidences de création au jardin des plantes à Rouen et soutenu de artistes émergents.

La suite logique à ce parcours déjà bien rempli : la direction d’un lieu. Thomas Cartron est désormais à la tête de la maison des Arts et de l’Artothèque à Grand-Quevilly. Une envie qui le titillait depuis quelque temps. Et cette Maison des arts, il la connaît très bien. « C’est vraiment une maison qui permet une proximité avec les artistes, les œuvres et le public. Il y a une atmosphère très douce ici ».

Dans ce lieu d’art contemporain, Thomas Cartron souhaite « continuer ce qui a été mis en place ». Il y aura trois grandes expositions chaque saison. Son ambition : « amener à une réflexion sur notre rapport à l’image. Nous voulons offrir des endroits de respiration pour avoir le temps de regarder. Nous devons rouvrir notre regard ». Un artiste sera invité tous les ans pour « s’emparer du territoire sur des sujets qui seront différents ». Ce travail en résidence fera ainsi l’objet d’une exposition. Quant à la création régionale, le directeur de la Maison des Arts tient à y porter une attention. « Il y a un vivier qui mérite d’être valorisé. Nous avons une mission d’accompagnement ; sans toutefois se priver de faire venir des artistes plus ou moins connus. Nous ne pouvons pas être dans un entre-soi ». Thomas Cartron envisage également de développer l’Artothèque. « Nous allons continuer à acheter des œuvres et poursuivre leur circulation, créer des points relais dans le département, aménager encore l’espace ».

Thomas Cartron n’en oublie pas la création. « Mes œuvres sont un outil. La Maison des Arts en est un autre. Je vais retrouver la pratique d’atelier sans pression ».

Partager l'article