Dans Iolanta, Tchaïkovski emmène avec cette partition romantique de l’obscurité à la lumière. Ben Glassberg, qui a préféré une version concert pour ce chef-d’œuvre, dirige les 5 et 7 mars l’orchestre de l’Opéra de Normandie Rouen au Théâtre des Arts.
C’est une histoire qui se termine bien. Un fait plutôt rare à l’opéra. Iolanta, la fille du roi René, est devenue une jeune femme. Depuis sa naissance, elle n’est jamais sortie du domaine familial. Son père a posé un principe : personne ne doit lui révéler sa cécité. En grandissant, Iolanta pressent qu’il lui manque un sens. Et le roi comprend qu’il ne peut plus lui cacher la vérité. Alors, il fait appel à un médecin. Pour celui-ci, il y a une condition à cette guérison. Iolanta doit être informée de son handicap. Un jour, Robert, le duc de Bourgogne, fiancé à Iolanta, arrive avec un de ses amis, Vaudémont, qui tombe amoureux la princesse. De son côté, Iolanta s’éprend du chevalier. Lui, pour sa beauté, et elle, pour ses mots lui révélant les splendeurs du jardin. Quant à Robert, il se réjouit de cet amour naissant puisqu’il a toujours aimé la princesse Mathilde. Autre bonne nouvelle : Iolanta recouvrera la vue grâce au remède du médecin.
C’est le début de deux histoires d’amour. Iolanta, un opéra de Piotr Tchaïkovski, très romantique et poétique, est empreint de divers symboles. « La jeune femme va parvenir à se détacher de son père. Jusqu’alors, elle a été tellement protégée qu’elle ne pouvait pas exister, être elle-même. Et ce n’était pas possible pour elle de rester prisonnière. Elle devait prendre sa place dans le monde », commente Ben Glassberg. Même s’il faut braver les interdits.
Être dans une intensité
Au fil de l’histoire, Iolanta marche vers la lumière. Dans sa composition, Tchaïkovski (1840-1893) accompagne cette quête de liberté. « Au début, l’opéra est fait de petites dissonances, observe le maestro. Après le duo d’amour de Iolanta et Vaudémont, la musique est plus mélodieuse, plus romantique et la fin est triomphale. »
Ben Glassberg, qui dirige les 5 et 7 mars au Théâtre des Arts à Rouen, a choisi la version concert de Iolanta. « La dramaturgie de cet opéra est compliquée. C’est très difficile à mettre en scène. Par ailleurs, j’aime beaucoup proposer une version concert pour pouvoir être concentré sur la musique. D’autant que c’est une pièce avec un seul acte. Je préfère ce genre d’opéra pour rester dans une intensité. On entre dans une histoire et on n’en sort pas avant la fin. »
Si Iolanta est une pièce très agréable à écouter, elle l’est tout autant à diriger pour le chef et à jouer pour l’orchestre. Cependant, « elle n’est pas si simple », remarque Ben Glassberg. « C’est une partition très technique avec des changements de temps très serrés ». Pour le public, il faut se laisser emporter par cette musique symphonique et dans l’univers d’une fable.
Infos pratiques
- Jeudi 5 mars à 20 heures, samedi 7 mars à 18 heures au Théâtre des Arts à Rouen
- Durée : 1h40 sans entracte
- En russe surtitré en français
- Possibilité d’avoir des gilets vibrants pour le concert du 7 mars
- Tarifs : de 62 à 10 €
- Réservation au 02 35 98 74 78 ou en ligne
- Aller au concert en transport en commun avec le réseau Astuce
