La souffrance du monde paysan

Photo : Elisabeth Kermarrec-Tortorici

Fourches se fait le porte-parole de paysans et de paysannes. Après Algues vertes, le trio musical mène une nouvelle enquête. Celle-ci porte sur un milieu agricole en souffrance. Silence dans les champs est à écouter jeudi 8 octobre au 106 à Rouen avec L’Étincelle dans le cadre des Rencontres Culture et transition écologique.

L’enquête pointe à nouveau les conséquences de décisions et d’actes irresponsables. Après Algues vertes, un concert écrit à partir de la bande dessinée éponyme d’Inès Léraud et Pierre Van Hove, Arnaud Kermarrec-Tortorici se penche sur le mal-être du monde paysan en Bretagne. Le musicien le connait mais il a fallu la parution de l’ouvrage de Nicolas Legendre, Silence dans les champs, prix Albert-Londres 2023, pour provoquer l’écriture d’un nouveau spectacle. Le sujet : les méthodes du système agro-alimentaire.

« Ce livre m’a secoué, confie Arnaud Kermarrec-Tortorici. J’ai été secoué par la dureté et l’intensité des violences sur les travailleurs et les travailleuses, sur les paysans et les paysannes. Il y a la pression du système avec les réseaux de dépendance sur les semences, les traitements, les prix. Il y a aussi une pression économique avec les emprunts. Tout cela frappe un grand coup sur la vie des gens. »

Une alerte

Le livre Silence dans les champs a été le point de départ de l’écriture de ce concert, éponyme, donné jeudi 8 octobre au 106 à Rouen par Arnaud Kermarrec-Tortorici, à la composition, François Joncour et Antoine Pasqualini, réunis dans ce trio Fourches. Les musiciens sont également allés recueillir des témoignages dans les campagnes et les lycées agricoles. Fourches souhaite porter la parole de personnes méprisées et en souffrance dans des chansons pop-folk. Le trio a voulu cette fois partager des sentiments pour « être dans le domaine du sensible. »

Fourches fait également entendre quelques témoignages glaçants et projette des images des campagnes, des exploitations agricoles et des paysannes et paysans au travail. « Ma prise de conscience politique est certes plus ancienne mais il est important pour moi de traduire cela dans ma pratique artistique. Un musicien n’est pas seulement là pour divertir », indique Arnaud Kermarrec-Tortorici. Silence dans les champs, en forme d’enquête, alerte sur une violence et présente quelques actes de résistance à travers des démarches collectives.

Infos pratiques

Partager l'article