Julie Depardieu raconte Misia Sert

photo : Eloi Fromanger

Pendant les Années folles, la reine de Paris était Misia Sert (1872-1950), une femme aujourd’hui oubliée. Julie Depardieu raconte la vie de cette muse qui a joué un rôle important dans la vie artistique du début du XXe siècle. Entourée de deux musiciennes, la comédienne sera jeudi 7 octobre à La Cidrerie à Beuzeville.

Qui connaît l’histoire de Misia Sert ? Très peu de personnes. Trop peu pour Julie Depardieu qui ne cache pas son agacement face à cet oubli. « Ça m’énerve. Je ne sais pas pourquoi. Je ne peux que constater. Samedi dernier, un copain qui est venu me voir après le spectacle m’a même demandé à la fin si Misia avait existé où si j’avais inventé ce personnage. C’est dingue ».

Misia Sert, surnommée la Reine de Paris, a été une figure incontournable de la vie artistique de la Belle Époque et des Années folles. Elle a inspiré un grand nombre de compositeurs comme Fauré, Stravinsky, Debussy, Ravel… Elle a posé pour plusieurs peintres, Bonnard, Vuillard, Toulouse-Lautrec, Renoir… « Elle est dans tous les musées du monde », rappelle Julie Depardieu. Si Misia Sert a été une muse, elle a aussi été une mécène très importante qui a soutenu ces artistes grâce à la fortune d’un de ses maris.

Des cours de piano avec Fauré

« Elle a été au cœur de tout ce qui se passait à cette époque. Qu’est-ce que j’aurais aimé être auprès d’elle et vivre pendant ces années-là ! Il y avait de la belle musique. Cela reste un rêve ». Le temps d’un spectacle, Misia Sert, reine de Paris, joué jeudi 7 octobre à La Cidrerie à Beuzeville, Julie Depardieu se plonge dans ces décennies pour incarner cette femme avant-gardiste. Elle raconte sa vie qui a commencé par un drame. « La mère de Misia est morte en lui donnant naissance. Un jour, elle reçoit une lettre anonyme lui indiquant que son mari la trompait avec une jeune femme à Saint-Petersbourg. Elle décide de partir. En 1872, les transports ne sont pas très confortables. Elle arrive là-bas et découvre la vérité. C’est un choc pour elle. Cela déclenche l’accouchement. Misia est confiée à ses grands-parents maternels et a grandi avec ce grand-père violoncelliste, ami de Liszt. Dans cette maison, il y avait beaucoup de musiciens et de peintres ».

Julie Depardieu retrace la vie extraordinaire de cette belle femme, grande amoureuse, qui a pris des cours de piano avec Gabriel Fauré. « Elle était très cultivée et avait un goût certain. Ses avis étaient importants. Les peintres la voulaient près d’eux. Elle devait être une super copine, peut-être parfois un peu peste ».

Les épisodes de la vie de Misia Sert sont ponctués d’extraits musicaux de compositeurs que la jeune femme a côtoyés. Juliette Hurel, à la flûte, et Hélène Couvert, au piano, interprètent des extraits d’œuvres de Debussy, Fauré, Stravinsky, Liszt, Ravel et Poulenc. 

Infos pratiques

  • Jeudi 7 octobre à 20h30 à La Cidrerie à Beuzeville
  • Durée : 1h30
  • Tarifs : 18 €, 15 €
  • Réservation au 02 32 57 72 10 ou sur www.lacidrerie.beuzeville.fr
  • photo : Éloi Fromager
Partager l'article