Chasselay et autres massacres évoque un silence. Celui sur un épisode tragique de l’histoire : la mort de tirailleurs africains en juin 1940 dans la banlieue lyonnaise. Éva Doumbia, autrice, metteuse de scène et fondatrice de la compagnie La Part du pauvre, tisse un fil entre le passé et le présent pour interroger l’oubli. La pièce de théâtre est jouée les 22 et 23 janvier au Volcan au Havre.
Cette famille, Éva Doumbia l’a déjà présentée dans Le Iench, le portrait d’une jeunesse désenchantée. Avec Chasselay et autres massacres, elle revient deux générations en arrière pour raconter l’histoire du grand-père de Drissa. Harald Abdoulaye Diarra est venu combattre en France pendant la Seconde Guerre mondiale. Le voilà dans le Régiment des tirailleurs sénégalais, installé dans le couvent de Montluzin. Une vie se construit avec les villageois de la banlieue lyonnaise alors que les combats se préparent. Le 19 juin 1940, les nazis font prisonniers les soldats noirs, les emmènent dans la forêt et les assassinent. Les habitants offriront une sépulture à tous ces hommes à Chasselay.
Dans Chasselay et autres massacres, présenté les 22 et 23 janvier au Volcan au Havre, une autrice fait état de ses recherches sur les soldats noirs oubliés de la Seconde Guerre mondiale. Elle raconte. « Mon but n’a pas été de faire archives mais de parler du présent. Il était important pour moi de faire le lien avec le présent pour se demander ce que l’on fait de l’histoire quand on n’a peu d’informations », s’interroge Éva Doumbia.
Un racisme politique
Et pour être dans le présent, la fondatrice de la compagnie La Part du pauvre passe par la fiction. Celle-ci « permet l’identification et le récit d’une histoire d’amour ». Autre objectif de l’autrice et metteuse en scène : être dans la transmission. « Je suis la dernière génération à avoir connu des personnes qui ont vécu la Seconde Guerre mondiale. Mon fils n’a pas connu ses arrière-grand-parents. Il faut donc du lien, être dans une continuité ».
Être dans le présent, c’est aussi porter un regard sur une communauté humaine. « Comment agit la solidarité humaine ? Le racisme vient d’en haut. Aujourd’hui, nous avons une pléthore de textes politiques qui disent des choses racistes alors que la société est tolérante. Il faut arrêter de penser que le racisme se produit à côté. Il est dans la sphère politique ». L’autrice dans Chasselay et autres massacres, joué par Mata Gabin, partage ses travaux et fait apparaître des personnages, jeunes, amoureux et ravis de transmettre leur culture.
Infos pratiques
- Mercredi 22 janvier à 19 heures, jeudi 23 janvier à 20 heures au Volcan au Havre
- Durée : 2h30
- À partir de 13 ans
- Tarifs : de 25 à 5 €
- Réservation au 02 35 19 10 20 ou sur www.levolcan.com
