Happy Birthday Mister Little Bob !

Photo : Olivier Gamas

Little Bob fête ses 50 ans de carrière en conduisant l’Armada rock’n’roll du Havre vendredi 18 juillet pour le deuxième jour du festival des Nuits suspendues au Havre. The City Kids, les François Premiers et The Scamps sont de la birthday party. 

Little Bob : une légende vivante ? Un irréductible rockeur ? Un père spitituel pour le rock made in France ? Certainement un peu tout ça à la fois et plus encore. 50 ans que ce petit bonhomme impose sa voix, son charisme et son perfecto dans le champ lexical du rock’n’roll. Et pour dignement fêter cet anniversaire, le voici à l’affiche du festival des Nuits Suspendues, vendredi 18 juillet, au Havre, sa ville de cœur, la ville où tout a commencé. 

Les débuts

Lorsque la famille Piazza quitte son Italie natale pour débarquer au Havre en 1958, le petit Roberto n’a que 13 ans mais déjà plein de rêves dans les yeux et des oreilles à l’écoute du rock’n’roll arrivé en France quelques années plus tôt via les ondes de Radio Luxembourg et de Radio Monte-Carlo dans le Sud. Mais c’est surtout le film Graine de Violence (Blackboard Jungle) diffusé dans l’Hexagone en 1955 qui réveille la soif de rébellion des jeunes. Roberto le sait, le rock’n’roll tracera sa vie sous le nom de Little Bob, comme on le surnomme en référence à sa petite taille mais aussi en hommage à Little Richard. Durant les années 1960, Bob se nourrit de disques à profusion, du blues traditionnel américain au british blues boom, des pionniers du rock’n’roll à la british invasion, tout y passe, tout est absorbé et digéré. C’est l’heure des premiers groupes amateurs, en 1963, avec les Apaches, Little Bob & The Red Devils ou encore avec The Crazy Road et même The Blues Gun. C’est aussi le moment des premiers tremplins à Paris au Golf Drouot, des premières déceptions mais aussi la confirmation que la scène est sa seconde maison.  

La story

La décennie 1970 symbolise le vrai départ musical professionnel du Havrais avec son nouveau groupe Little Bob Story. Le premier album, High Time, aux contours pub-rock, sort en France en 1976 mais c’est en Terres d’Albion qu’il trouve la reconnaissance. Les British sont épatés par ce jeune petit frenchy qui chante en anglais, sonne comme Dr Feelgood et joue aussi vite que la scène punk naissante. La France boude son rockeur, les Anglais l’adoptent. De la folie, des moments de grâce, des rencontres incroyables et des moments de galères, mais, au final, le groupe assure Outre-Manche plus de trois-cent-cinquante concerts étalés sur quatre ans, aux côtés des piliers du genre et du moment. La France reconnaît enfin le talent de Bob avec l’album Livin In The Fast Lane en 1977 qui devient disque de l’année chez nous. Little Bob Story ravit le public et l’ensemble de la profession. Pour plusieurs albums, Bob réitère cette formule gagnante conçue à partir de compositions et de quelques reprises, de titres rock’n’roll puissants et de rhythm’n’blues poisseux, d’énergie intense et de passion mais cette période s’illustre aussi par de nombreux changements au sein du groupe. La story du début n’est plus. Bob s’essaie même en parallèle à un exercice de style en tournant en duo avec le pianiste de jazz Joël Drouin. L’aventure Little Bob Story s’arrête en 1988 après dix albums et une compilation.  

Les années Little Bob

Le mouvement des musiciens au sein du groupe se poursuit en cette fin des nineties et Roberto Piazza franchit le nouveau millénaire sous le simple pseudo Little Bob, une appellation des plus récurrente puisque tout le monde l’appelle ainsi. Le Havrais accroît sa discographie de plusieurs albums dont le mordant et poignant Libero qui évoque son autre surnom mais aussi son père. Le disque renvoie également à ses origines italiennes avec des titres chantés dans sa langue natale. Le marché du disque évolue et Bob passe des grosses maisons de disques à des labels plus indépendants, finalement plus sérieux dans le développement des productions discographiques. Comme d’habitude, il alterne albums de studio et disques live tout en passant une grosse partie du temps sur la route, auprès de son public qui le suit toujours, qui l’aime et qu’il aime. 

L’actualité avec Blues Bastards

A 80 ans, Roberto Piazza n’a plus rien à prouver sinon qu’il sait encore tenir une scène malgré son âge avancé, malgré sa voix plus instable. Le Havrais peut être fier de son parcours, inflexible, droit, intransigeant et surtout fidèle au rock’n’roll mais aussi au blues qu’il cultive plus volontiers depuis la création de son dernier groupe Little Bob Blues Bastards en 2012. Quatre albums de plus complètent cette déjà abondante discographie dont le dernier We Need Hope dans lequel il est bien sûr question de Mimie, la femme de sa vie, décédée en 2019. Un moment tragique et difficile à surmonter pour le rockeur qui a malgré tout trouvé le courage d’avancer en s’enfermant dans la composition de cet album, l’un de ses plus personnels. En 2024, Little Bob est élevé au rang d’Officier des Arts et des Lettres. Une récompense tardive qui couronne cinquante ans de carrière vouée à la musique, aux autres, à son public, toujours là, toujours admiratif et précieux, qui reprend avec un plaisir analogue ses refrains en chœur à chaque concert comme on pourra l’entendre ce vendredi 18 juillet sur la grande scène du festival des Nuits suspendues. Et, cerise sur le gâteau d’anniversaire, les copains des Scamps, François Premiers et City Kids, ont répété chacun deux chansons du boss havrais pour l’occasion. Et ce n’est pas un happy end mais bien d’un happy birthday dont il est question ici. Alors joyeux anniversaire Bob !

Infos pratiques

  • Vendredi 18 juillet à 22 heures aux Jardins suspendus au Havre
  • Concerts des Scamps à 19 heures, des City Kids à 20 heures et des François Premiers à 21 heures
  • Programmation complète
  • Tarifs : 15 €, 8 €
  • Réservation à l’office de tourisme Le Havre-Étretat au Havre ou en ligne
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