Le réalisateur norvégien Dag Johan Haugerud poursuit son étude des sentiments amoureux avec, Désir, le troisième volet de La Trilogie d’Oslo qui sort sur les écrans de cinéma mercredi 16 juillet.
On ne peut pas empêcher de se demander pourquoi en France, on a traduit le Sex du titre norvégien par Désir. La pudibonderie, peut-être ? Ce serait étonnant tout de même. En tout cas, après Rêves et Amour, voici le très concret Désir qui, cette fois, met en scène les hommes et leurs complexités.
Non sans humour, Dag Johan Haugerud choisit pour héros un ramoneur (Jan Gunnar Røise), bon père de famille, heureux en ménage depuis des années. Un jour, il confie à son patron (Thorbjørn Harr sans son costume de Viking) avoir eu une aventure imprévue avec un client… On se met à la place du collègue qui l’interroge sur une potentielle homosexualité latente et sur le ressenti de l’épouse trahie. Pour le mari, fidèle jusque-là, il ne s’agissait que d’une expérience enrichissante que sa femme (Siri Forberg) devrait parfaitement comprendre. Sauf que, une fois la frivolité avouée, la dite femme se sent perdue. Blessée, longtemps sous le choc, elle finit par reconnaître qu’elle le prendre très mal.
Ne pas blesser
Contrairement à Marianne et Tor, les deux héros de Amour, l’opus précédent, notre ramoneur, un brin fumiste, comprend tardivement qu’il a oublié de se soucier des conséquences de sa désinvolte aventure sur les personnes qu’il aime. Pour Dag Johan Haugerud, il s’agit de rappeler qu’on peut être libre en amour, à condition de veiller à ne pas blesser les êtres chers.
Pour ne pas se prendre trop au sérieux, le réalisateur s’amuse avec un autre exemple d’infidélité — virtuelle cette fois —, le patron du ramoneur, marié également, lui racontant rêver régulièrement la nuit d’être une femme, objet du désir de David Bowie… Rêver, est-ce déjà tromper ? Mais rêver n’est-ce pas une façon de s’interroger sur la construction de son identité, ses limites, son rapport aux injonctions sociales ? Quand les certitudes s’évanouissent…
Cet ultime opus de La Trilogie d’Oslo, c’est aussi une dernière occasion de visiter la capitale de la Norvège, personnage à part entière de ce questionnement existentiel sur le fantasme, l’amour et le sexe.
- Désir, La Trilogie d’Oslo de Dag Johan Haugerud (Norvège, 1h58) avec Jan Gunnar Røise, Thorbjørn Harr, Siri Forberg…
