Ma République et moi est une déclaration d’amour. Dans ce seul en scène présenté en novembre avec la Comédie de Caen et Le Tangram à Évreux, le 28 avril au Forum à Falaise, Issam Rachyq-Ahrad garde le rôle d’un fils aimant pour parler de sa mère et de sa double culture.
Il y a des moments dans une vie qui restent à jamais marqués dans l’esprit et dans le corps. Comme des scènes de racisme. Issam Rachyq-Ahrad en a vécues et entendues. Le 11 octobre 2019, accompagnant la classe de CM2 de son garçon à une assemblée plénière du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, une mère est prise à partie avec violence par un élu du Rassemblement national qui lui intime de retirer son voile. L’enfant a fondu en larmes. Cette charge violente a résonné fortement en Issam Rachyq-Ahrad et a été le point de départ de l’écriture de Ma République et moi.
« Quand on se met à la place de cet enfant, c’est une humiliation. Qu’a-t-il dû mettre en place pour réparer cette agression ? Ce sont des choses qui restent. Malgré cela, il faut grandir et s’émanciper. Cela m’a renvoyé au regard que j’avais sur ma mère. Parfois, j’avais envie de la cacher. Enfant, nous ne sommes pas protégés du regard des autres et on nous impose à faire des choix. Cela n’est problématique en soi mais faire un tel choix signifie accepter à renoncer à quelque chose. Or, nous n’avons pas la maturité de la réflexion. C’est difficile d’accepter un renoncement. Aujourd’hui, je suis fier. J’ai cette fierté d’adulte, celle du fils de ma maman et d’un papa. Il y a la beauté et la richesse d’avoir une double culture ».
Faire un choix
Issam Rachyq-Ahrad raconte l’histoire de sa mère, arrivée du Maroc à l’âge de 16 ans, devenue cuisinière dans un hôpital. Il évoque son implication dans la société, son engagement comme bénévole dans ses associations pour venir en aide aux personnes les plus démunies. « C’est une femme certes invisible mais généreuse et pleine d’humanité ».
Dans Ma République et moi, une pièce de théâtre qui prend des allures de stand up, présenté avec la Comédie de Caen et Le Tangram et au Forum à Falaise, le comédien invite chez sa mère. Il dresse le portrait universel d’une femme qui veut faire le choix de ses identités en toute liberté tout en se souvenant de son enfance et de ses interrogations. Là, il y a aussi Dalida. « Dans les années 1970, cette femme égyptienne, avec un fort accent, a ce statut d’icône et tient une place importante dans les médias. C’est un miroir, un modèle ».
Pour la première fois, Issam Rachyq-Ahrad qui a joué notamment dans Illumination(s) d’Ahmed Madani et Finir en beauté de Mohamed El Khatib est seul sur scène. « C’est un immense plaisir de porter un récit. Il a été aussi grand lors de l’écriture. Mais c’est une grande responsabilité. Cela demande une exigence de travail. Tout repose sur moi ». Issam Rachyq-Ahrad sait entrer vite en dialogue avec le public. Un dialogue qu’il a voulu sincère pour parler d’amour filial.
Infos pratiques
- Mardi 4 et mercredi 5 novembre à 20 heures, jeudi 6 novembre à 14 heures (représentation en audio description) au théâtre des Cordes à Caen. Tarifs : de 25 à 8 €. Réservation au 02 31 46 27 29 ou en ligne
- Jeudi 27 novembre à 20 heures au théâtre Legendre à Évreux. Tarifs : de 20 à 10 €. Réservation au 02 32 29 63 32 ou en ligne
- Vendredi 28 novembre à 20 heures à la salle du Haut Phare au Neubourg. Tarif : 5 €. Réservation au 02 32 29 63 32 ou en ligne
- Samedi 29 novembre à 18 heures à L’Escale à Arnières-sur-Iton. Tarif : 5 €. Réservation au 02 32 29 63 32 ou en ligne
- Mardi 28 avril à 20 heures au Forum à Falaise. Tarifs : de 13 à 5 €. Réservation au 02 31 90 89 60 ou en ligne
