Une nouvelle saison au Volcan

photo : Frédéric Iovino

Avant les présentations au public jeudi 11 et vendredi 12 juin, Camille Barnaud dévoile les grandes lignes de la saison 2026-2027 du Volcan. La directrice de la scène nationale du Havre reste sur une ligne pluridisciplinaire et ose de nouvelles orientations.

Avec cette nouvelle saison 2026-2027, Camille Barnaud entame un deuxième mandant à la direction du Volcan au Havre. Une suite qui aurait pu se dérouler dans la sérénité puisque la barre des 60 000 spectatrices et spectateurs — 60 057 précisément — a été franchie cette année. Dont plus de 10 000 lors du Ad Hoc Festival. Autre chiffre encourageant : 34 % d’entre eux ont moins de 18 ans. La directrice a appris à connaître ce « public curieux prêt à s’aventurer dans des formats différents. »

Néanmoins, une ombre est venue obscurcir le tableau. « Je vis un moment de dissonance cognitive, confie Camille Barnaud. Je me réjouis de présenter la nouvelle saison. C’est toujours un moment joyeux d’en parler. Tout ce que nous avons pensé a pris forme. Là, je me dis toujours que j’exerce un beau métier. Mais nous avons reçu la confirmation de la baisse de subvention de la part du ministère de la Culture. Il va falloir faire autrement » 

Ce n’est pas une surprise mais une diminution, c’est un impact sur le budget alloué à la création. Cependant Camille Barnaud a fait « le choix de maintenir les engagements pris. Et ce, pour les artistes, les techniciens et le public ». Elle présente une saison équilibrée entre les diverses disciplines artistiques, avec des artistes qui s’emparent de sujets très contemporains sur le pouvoir qui divise, sur la quête de liberté, sur la fragilité des corps, sur les violences, sur la crise climatique… La directrice tient une ligne forte et audacieuse tracée depuis son arrivée à la scène nationale du Havre. Elle prend cette fois quelques chemins de traverse après avoir écouté le public du Volcan. « Il a été exprimé une volonté de se retrouver autour de moments festifs. La fête, c’est très politique. »

Trois nouveaux artistes associés

Au programme de cette saison 2026-2027 : 79 spectacles, dont six créations et 24 coproductions, avec 264 représentations. Les classiques sont revisités avec David Bobée et un Lorenzaccio (en photo) qui a eu un immense succès à sa création au Théâtre de Lille, avec Pauline Bayle et le long poème du Mahabharata. Gurshad Shaheman ouvre un Cabaret Téhéran. Ali Chahrour raconte When I Saw The Sea. Ça parle beaucoup dans le Barber Shop de Junior Mthombeni et Michael De Cock. Brigitte Massin reprend Que Ma Joie demeure sur la musique de Bach. Hofesh Shechter s’intéresse à la danse des clubs dans In The Brain. Leïla Ka libère les corps féminins dans Lullaby Shot.

Maroussia Diaz Verbèke crée un remake de Circus pour un duo. Mathurin Bolze se souvient de son expédition en Arctique dans Immaqaa, ici peut-être. Le Cirque Altaï est À Fleur de peau. Sébastien Valignat dévoile L’Art d’avoir toujours raison. Audrey Vernon se demande Comment traverser les sombres temps. Des femmes s’expriment dans Pause, un spectacle de la compagnie Ammonite sur les violences conjugales. Naéma Boudoumi s’émerveille devant des Paysages de poche

De la musique avec Erik Truffaz et Antonio Lizana, le chœur Accentus de Laurence Equilbey dans un répertoire consacré à Tchaïkovski et Bruckner, Nik West, Philippe Cassard et Cédric Pescia qui interprètent sur deux pianos une transcription de la Symphonie n°9 de Beethoven. Roberto Fonseca, pianiste, et Vincent Segal, violoncelliste, entremêlent leur talent et leurs différentes influences.

Nicolas Chaigneau de la compagnie PJPP, le Collectif Ubique et Stadios deviennent des artistes associés au Volcan aux côtés de Nosfell, de Guy Cassiers qui adapte le roman de Camille de Toledo, Thésée, sa vie nouvelle, et de Giselle Vienne qui questionne la famille dans Archives Of Feelings. La saison du Volcan est à nouveau ponctuée du Ad Hoc Festival pour les enfants et les adolescents, de Déviations, temps fort dédié aux nouvelles formes de dramaturgies. Durant le Millenium, année européenne des Normands, Les Musiciens de Saint-Julien narre le conte d’Andersen qui a inspiré La Reine des neiges dans À L’Est du soleil, à l’ouest de la lune. Gaëlle Bourges a pioché des récits dans la tapisserie de Bayeux pour raconter les Batailles de Guillaume et Harold (le Conquérant et Godwinson) avec 626 personnages.

Infos pratiques

  • Jeudi 11 et vendredi 12 juin à 19 heures au Volcan au Havre
  • Entrée gratuite
  • Réservation en ligne
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