Enfance en liberté

Cet été-là, le cœur de Géo (Kayton Lancel) va battre pour Ève (Kelsie Vermeilles) / Photo : Rosa-Filmes

Bruno Dumont quitte le nord pour filmer une bande d’enfants en vacances sur la Méditerranée. Leur grand jeu : sauter du haut des Roches rouges, un film à voir mercredi 23 septembre au cinéma. On en a encore le cœur qui bat. 

Bruno Dumont alterne les films avec des stars, comme Juliette Binoche, Fabrice Lucchini, Léa Seydoux, Benjamin Biolay, Camille Cottin (Camille Claudel 1915, Ma Loute, France, L’Empire…), et les films avec des comédiens non professionnels, parfois même des enfants plus vrais que nature à l’image de ses deux séries proposées sur Arte, P’tit Quinquin en 2014 puis Coincoin et les Z’inhumains en 2016. Les Roches rouges, son nouveau long-métrage présenté au festival de Cannes dans le cadre de la Quinzaine des cinéastes, appartient à ce registre-là. 

Le réalisateur quitte son Nord natal pour nous emmener sur la Côte d’Azur où l’on découvre Géo (magnifique Kaylon Lancel), 5 ans, qui, avec un copain et une copine délurés, s’amuse à sauter dans la Méditerranée du haut des fameuses Roches rouges. Pendant une heure et trente minutes, Bruno Dumont nous fait partager l’été de ce blondinet intrépide et ô combien attachant qui n’est pas sans nous rappeler le P’tit Quinquin.

Une certaine tension

Après L’Empire, son film intergalactique, Bruno Dumont revient, avec un scénario et des dialogues simples, à un naturalisme joyeux dans le décor coloré et majestueux des Roches rouges, près de Saint-Raphaël. Il filme en plein été des gamins qui profitent de leur liberté pour vivre des temps forts. Ainsi, la petite bande composée de Géo, Manon (Louise Podolski) et Rouben (Mohamed Coly) va croiser celle de B (Alessandro Piquera), Do (Meryl Pires) et Ève (Kelsie Verdeilles). On s’observe, on se jauge, on se tacle, et la rivalité ne va pas tarder à gâcher la rencontre. Qu’importe pour Géo. Il n’a d’yeux que pour la jolie Ève qui, elle, ne se montre pas farouche. Cependant, cet élan amoureux n’est pas du goût de tous. La tension monte même entre amis. Rouben se sent délaissé et Manon a du mal à contenir un sentiment de jalousie. 

Bruno Dumont nous renvoie en enfance et le spectateur retrouve son regard émerveillé devant la beauté du paysage, la joie de vivre des enfants, si minuscules en haut des falaises qu’ils nous font frissonner à chacun de leur saut. Avec Les Roches rouges, on replonge dans l’enfance ou, a minima, on retourne en vacances. 

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