Mots pour maux raconte les violences faites aux femmes. C’est le premier spectacle de Dialem, une formation initiée par Diariata N’Diaye, qui ouvre vendredi 5 novembre le festival Chants d’Elles au centre Simone-Signoret à Amfreville-la-Mivoie.
Diariata N’Diaye a fait du droit des femmes son combat quotidien. Il a fallu une première chanson pour qu’elle y consacre ensuite son écriture et son temps. « Je n’ai plus eu envie d’aborder d’autres thèmes. Le reste n’avait plus d’importance. Ce spectacle a été créé il y a dix ans et j’ai changé très peu de choses. Cela sous-entend que j’ai été très juste et que rien n’a avancé dans ce domaine. Il reste malheureusement toujours d’actualité ».
L’écriture a toujours été un refuge, un exutoire pour Diariata N’Diaye. Son premier texte, elle l’a écrit à l’âge de 11 ans. « J’écrivais sur tout ce qui me dérangeait. Le premier portait sur les acariens. J’étais super allergique et je parlais d’acariens acariâtres ». Elle a rempli au fil des années plusieurs cahiers de chansons. « Je tenais à écrire des textes poétiques, en rimes. Le fait d’écouter de la chanson française et du rap m’a appris que l’on pouvait dire des choses sérieuses de manière jolie et revendicative. La chanson a un réel pouvoir. Comme j’avais la chance de pouvoir m’exprimer, il fallait que cela serve à quelque chose, que l’écriture soit une arme ».
« J’en sais trop pour me taire »
Mots pour maux est un spectacle-manifeste qui revient non seulement sur les violences, le harcèlement mais aussi sur les droits des femmes, la liberté. Sans vouloir être sombre. « Je me sens responsable d’envoyer des messages positifs et d’apporter des solutions ». Avec sa formation, Dialem, Diariata N’Diaye le reprend pour le lancement du festival Chants d’Elles vendredi 5 novembre au centre Simone-Signoret à Amfreville-la-Mivoie. Elle se place « comme un porte-voix ». Pour écrire, elle s’inspire de son vécu et des nombreux témoignages qu’elle reçoit.
L’écriture et la scène sont une partie du travail de Diariata N’Diaye. « Cela permet de rappeler que des solutions existent et que les femmes ne sont pas seules à combattre ». Elle a créé une association, Résonantes qui lutte contre les violences faites aux femmes et défend leurs droits. Elle est également à l’initiative d’une application, App-Elles, qui permet à toute personne d’alerter des proches en cas d’agression. « Mon énergie vient de ma vitalité et de ma colère. Alors je la donne aux victimes et à leurs proches. J’en sais trop pour me taire ».
Infos pratiques
- Vendredi 5 novembre à 20 heures au centre Simone-Signoret à Amfreville-la-Mivoie
- Tarifs : 12 €, 8 €
- Réservation au 02 35 23 65 36 ou sur www.festivalchantsdelles.org
Le festival Chants d’Elles
Chants d’Elles se décline désormais au féminin pluriel. Le festival ne se cloisonne plus à la chanson mais s’ouvre au théâtre et aux arts visuels. « Il devient un festival de voix de femmes. En revanche, sa ligne directrice n’a pas changé. Les artistes que nous programmons sont porteuses de messages », indique la présidente, Charlotte Goupil. Il agrandit également son territoire et multiplie les actions culturelles avec des ateliers d’écriture, d’arts plastiques et de chant choral.
Cette 22e édition du festival se tient du 5 au 28 novembre en Seine-Maritime et dans l’Eure, dans les structures culturelles et chez les habitants. Au programme : 58 rendez-vous avec 74 artistes dont 31 Normandes telles que Adélys, Amélie Affagard, Denize, Rouge Minnesota, Sylvia Fernandez, Lady Arlette, Gaëlle Bidault… Le festival commence avec Dialem et se termine par un après-midi chantant et festif avec notamment Muséol au centre André-Malraux à Rouen.
