Le DATA, Domaine d’activités trans-artistiques, ne se fera pas. Manuel Chesneau et Stéphane Maunier abandonnent le projet de lieu pluridisciplinaires qu’ils portaient à bout de bras depuis plus de dix ans. La raison, invoquée par la Métropole Rouen Normandie, est juridique.
« Une problématique juridique ». C’est un retour envoyé en février 2024 par la Métropole Rouen Normandie aux porteurs du projet DATA, le domaine d’activités trans-artistiques. Manuel Chesneau et Stéphane Maunier mettent ainsi fin à une aventure humaine commencée il y a plus de dix ans. Avec beaucoup de regret et d’amertume. « C’est une grande déception pour les habitantes et les habitants du territoire, les actrices et les acteurs locaux qui ont été des soutiens. Ce fut néanmoins très enrichissant. Tout s’est construit dans la durée ».
Le DATA a été imaginé comme un village, ouvert sur la cité, pour accueillir des associations et des collectifs artistiques, des commerces et des artisans d’art, des espaces de travail… Autant d’activités appartenant à l’économie sociale et solidaire. « Nous avons monté ce projet de service public pour les autres parce qu’il y avait des besoins et des attentes. Il nous importait de leur donner de la visibilité et d’apporter de la convivialité ».
Complices et pugnaces
Point de départ de cette histoire : « le 13 novembre 2013, la Ville de Rouen nous fait nous rencontrer ». Manuel Chesneau est président du Collectif 99, fondé en 2005 par des compagnies de théâtre, de cirque, de danse et de magie. Stéphane Maunier est directeur du Kalif, un lieu avec une école de musique, des studios de répétition et une programmation musicale. L’objectif : faire grandir leurs deux structures. Au fil des échanges, il apparait une évidence. « Il faut faire plus gros et s’ouvrir à d’autres personnes ».
La suite est une succession de moments de joie et de déception. Manuel Chesneau et Stéphane Maunier n’ont pas manqué de persévérance et de pugnacité. « Nous n’avons pas abandonné à chaque non ». Un bel enthousiasme donc après les rencontres, les soutiens, l’étude de faisabilité, « la relance de quelques candidats à l’élection municipale à Rouen », enfin la notification dans Time to Meander, le dossier de candidature de la vielle pour devenir capitale européenne en 2028. Il y a eu aussi des mauvaises nouvelles. Alors président de la Métropole, « Frédéric Sanchez n’y croit pas ». Il a fallu envisager différents lieux, l’îlot Béthencourt, près du 106, puis le bout de l’île Lacroix, à nouveau l’îlot Béthencourt.
De son côté, la Métropole Rouen Normandie fait savoir que « le projet de tiers lieu culturel n’est absolument pas abandonné. Elle le porte toujours sur l’îlot Béthencourt. Le projet ayant évolué, et en discussion permanente avec toutes les parties prenantes, les services métropolitains vont lancer un appel à projets ouvert à tous les acteurs intéressés ». La collectivité met en place un calendrier.
