Souvenirs d’enfance troublée

Joe, revit les traumatismes de son enfance / Photo  : Les Alchimistes

Avec The Flats, dans les cinémas mercredi 5 février, Alessandra Celesia nous entraîne à Belfast où un habitant met en scène les souvenirs de son enfance marquée par le conflit qui secouait alors l’Irlande du Nord.

Italienne, Alessandra Celesia vit entre Paris et Belfast. C’est dans cette ville irlandaise qu’elle nous entraîne dans The Flats, documentaire tourné dans le quartier de New Lodge et ses barres d’immeubles où a vécu la famille de son mari… C’est dans une de ces tours, que l’on fait la connaissance Joe, bonhomme un peu rustre mais très sociable, qui, hanté par ses souvenirs, s’est lancé dans la reconstitution de son enfance brutale et douloureuse pendant les fameuses Troubles. Il n’avait alors que 9 ans. 

C’est l’occasion pour le spectateur d’en savoir plus — images d’archives à l’appui — sur un conflit armé qui a déchiré l’Irlande du Nord entre 1960 à 1998. Un conflit sanglant qui a fait des ravages dans le pays et plus particulièrement dans ce petit quartier catholique de New Lodge.

Pour Alessandra Celesia, Joe n’hésite pas à se mettre en scène, rejoint par des voisins et amis afin de revisiter cette mémoire collective. Et chacun joue — ou évoque — les traumatismes, les colères, les peurs qui les ont marqués à jamais. Entre deux séances chez Rita, une psy à son écoute, Joe se fait le metteur en scène de leur passé commun, une façon originale de libérer la parole et de réveiller les consciences par un travail de mémoire.

Le décor, les personnages — ou plutôt les personnalités —, ne sont pas sans rappeler le cinéma du réalisateur polonais Krzysztof Kieślowski. Mais avec l’accent de Joe et de ses complices, on ne peut pas échapper à l’Irlande et son histoire douloureuse. 

  • The Flats d’Alessandra Celesia (France, Belgique, 1h54)
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