La guerre et l’engagement

Le plus jeune des volontaires a tout juste 16 ans… / photo : Okta Film

En compétition au festival du Cinéma américain de Deauville, Les Damnés de Roberto Minervini a reçu le prix de la Réalisation au Festival de Cannes, dans la section Un Certain Regard. Le film sort en salle mercredi 12 février.

Présenté à Cannes dans la section Un certain regard et en compétition au festival du Cinéma américain de Deauville, Les Damnés de Roberto Minervini — rien à voir avec Les Damnés de Luchino Visconti (1969) — nous emmène dans une Amérique en plein chaos. En cet hiver de 1862, on y vit la guerre de Sécession. Le réalisateur n’étant pas fan des films de guerre, ne la filme pas frontalement, préférant s’intéresser aux jeunes hommes en uniforme, armés mais maladroits, qui s’interrogent sur le sens de leur engagement.

Les héros du film sont donc des volontaires — 16 ans pour les plus jeunes — dont la compagnie est envoyée à l’Ouest par l’armée des États-Unis dans le but d’effectuer une patrouille dans des régions inexplorées. Cette nouvelle mission qui les éloigne du front, provoque une réflexion des soldats sur les raisons qui les amènent en terres inconnues. Certains avouent même ne pas savoir pour quoi ni pour qui, ils se battent. 

Proche du registre du documentaire — pas une star à l’horizon —, le film a été tourné dans un Montana sauvage et beau. La mise en scène opte pour un rythme lent et un ton paisible loin des ambiances tonitruantes des scènes de batailles habituelles où les héros sont des martyrs ou des vainqueurs. Roberto Minervi filme des hommes qui soignent leurs chevaux, montent et démontent leur campement, se déplacent au pas, cherchent de la nourriture, écoutent le chant des oiseaux, signe d’une paix tangible, parlent d’un avenir incertain autour d’un feu, ou simplement jouent au baseball avec du matériel bidouillé. Les échos de la guerre sont loin et pourtant elle reste au centre des conversations et la musique stressante entretient une sensation de danger imminent. 

Quand les premiers coups de feu détonnent, le film aux vertus naturalistes frôle la fiction. L’heure des affrontements a sonné, le spectateur, lui, est sonné. Et pourtant, tout s’est joué hors de vue.

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