Arnaud Nebbache : « Paulin est un personnage très attachant

photo : DR

Après Brancusi contre États-Unis, déjà chez Dargaud, l’illustrateur rouennais Arnaud Nebbache signe sa deuxième bande dessinée : Voie de garage (Dargaud aussi, donc). Une nouvelle histoire singulière et authentique ; comme celle du procès de Brancusi. Et surtout, toujours ce trait qui va si bien à des personnages vivant comme en parallèle d’un monde qui n’est pas le leur. Arnaud Nebbache raconte l’histoire de Paulin qui vit en Suisse avec sa grand-mère et a une passion pour les trolleybus qu’il assemble lui-même. Une passion qui tout à coup dérange le voisinage qui va réclamer l’internement de Paulin. Mais pourquoi n’aurait-il pas le droit de vivre sa vie librement ? Un sujet grave superbement mis en lumière. Et en demi-teintes… Entretien.

Comment avez-vous reçu le succès de Brancusi contre États-Unis ?

J’ai été surpris par le bon accueil réservé à Brancusi. L’album a eu un très bon retour critique effectivement. C’était la période où on sortait beaucoup de biographies de personnages célèbres. Et dans Brancusi, il y avait en plus une question sous-jacente : qu’est-ce que l’art ?

Il est question d’art aussi dans Voie de garage

Oui, c’est un point commun entre les deux albums. On parle d’art mais cette fois d’art brut. L’autre point commun, c’est l’approche juridique. Si on prend aussi en considération que les albums ont le même format et le même papier, on trouve effectivement un bon lien de parentalité.

C’est dans la suite logique, donc ?

En fait, la scénariste Sophie Adriansen m’avait proposé cette histoire avant Brancusi. Mais l’accueil de l’album m’a mis en confiance et l’accompagnement de Dargaud a vraiment été important pour la suite.

Le héros de Voie de garage n’est pas très éloigné de Brancusi d’une certaine manière…

Ce sont deux personnages isolés et entiers. Ils continuent tout droit ; quels que soient le moment et l’époque. Paulin, dans Voie de garage, est un personnage très attachant qu’il aurait même été difficile d’inventer ; sans s’en moquer. Le scénario raconte cependant cette histoire sans faire de Paulin un héros. Même si on s’y attache beaucoup.

Etait-ce encore un défi pour vous qui venez de l’illustration ?

Oui. Comment jouer avec toutes ces cases 3, 6, 9, 12… Un challenge ! (rires) C’est une vraie science, en fait… Ce n’est pas le même métier que celui d’illustrateur qui doit faire passer beaucoup de choses dans une seule image. Là, je me retrouve à faire un storyboard de 120 pages… Bref : un travail passionnant !

Propos recueillis par Hervé Debruyne

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  • Voie de garage d’Arnaud Nebbache et Sophie Adriansen, Éditions Dargaud, 120 pages
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