Grand vainqueur du dernier festival du Cinéma américain de Deauville, In The Summers, un film d’Alessandra Lacorazza qui sort dans les cinémas ce mercredi 9 juillet, suit sur plusieurs étés les vacances de deux sœurs chez leur père, installé au Mexique.
A Deauville, In The Summers a fait sensation auprès des membres des deux jurys, présidés par Benoît Magimel et Alice Belaïdi, et remporte le Grand Prix du 50e festival du Cinéma américain ainsi que le Prix Fondation Louis Roederer de la Révélation. Les Français ne sont pas les seuls à avoir été touchés par le film d’Alessandra Lacorazza puisque quelques mois plus tôt, il avait remporté le Grand Prix et le Prix de la Mise en scène au 40e festival de Sundance.
Chaque été, Violeta (Lío Mehiel, Kimaya Thais Limon puis Dreya Castillo) et Eva (Sasha Calle, Allison Salinas puis Luciana Quiñonez) quittent la Californie pour passer leurs vacances chez leur père Vicente (René “Residente” Pérez Joglar, un premier rôle pour le rappeur portoricain) installé au Mexique. Quelques scènes suffisent à Alessandra Lacorazza pour faire de Vincent un père aimant, qui fait tout pour réparer les erreurs qu’il a commises et dont ses filles ont souffert.
La complexité des relations filiales
Cependant, le spectateur ressent dès le début l’anxiété qui l’étreint au moment d’accueillir ses filles. Va-t-il être à la hauteur ? Va-t-il les rendre heureuses ? Vont-elles s’adapter à leur nouvelle maison ? Parce que ce père n’a rien d’un magicien. C’est un homme avec ses faiblesses, aux décisions imprévisibles et un goût prononcé pour l’alcool.
En donnant le point de vue de chacun, d’un été sur l’autre, Alessandra Lacorazza évoque avec pudeur et profondeur la complexité de l’amour et des relations entre un père et ses filles. Elle capte l’évolution de la relation et des sentiments. Et d’une retrouvaille à l’autre, la question se pose : ces fillettes jouant dans une piscine que l’on voit devenir jeunes femmes — et pas forcément plus apaisées — vont-elles parvenir à pardonner à leur père d’avoir dû s’en sortir sans lui toute l’année ? Le spectateur, lui, prend conscience de l’importance de l’influence d’un père et d’une mère. Et ça dure longtemps.
- In The Summers d’Alessandra Lacorazza (Etats-Unis, 1h38) avec René “Residente” Pérez Joglar, Sasha Calle, Lio Mehiel…
