Une question de survie

Ancien prodige du baseball, Hank (Austin Butler) sait se servir d’une batte pour se défendre / Photo : 2024 CTMG, Inc. 

Après avoir vu Pris au piège, vous n’aurez peut-être plus envie de vous occuper du chat de votre voisin en son absence… Darren Aronofsky change de style et signe un film d’action, sombre mais plein d’humour, qui sort dans les salles de cinéma mercredi 27 août.

Vous n’avez pas encore eu assez d’action cet été ? Après Jurassic Word : Renaissance, Superman, Les 4 Fantastiques : Premiers Pas, Pris au piège devrait combler votre attente. Parce que oui, le réalisateur américain Darren Aronofsky a décidé de s’amuser avec un thriller bourré d’action. Lui qui nous avait habitué à un registre cérébral au ton grave, souvent dérangeant, parfois fantastique — Requiem For A Dream (2000), The Fountain (2006), Black Swan (2010), The Whale (2023) — s’empare du roman de Charlie Huston, Caught Sterling, pour nous distraire entre coups de gueule, coups de poing, coups de couteau et autres fusillades dans le New York des années 1990. Et tant pis pour les invraisemblances, on a beau avoir retiré un rein à son héros, celui-ci continue de courir à tout va, dévaler les escaliers, sauter des marches, enjamber des barrières quand sa vie est en jeu.

Ce héros, Hank Thompson (Austin Butler), est un mec sympa, plutôt cool. Barman dans un bar populaire de l’East Village, il picole pas mal avec son boss, les clients et sa petite amie, Yvonne (Zoë Kravitz), qui en attend plus de lui. Mais Hank n’est pas encore prêt, lui qui ne parvient pas à oublier qu’il était un prodige du baseball au lycée et qu’un accident où son meilleur pote a perdu la vie, a mis fin à son rêve de joueur pro. 

Des personnages déjantés

On aurait pu croire qu’il a connu le pire mais c’est en acceptant de veiller sur le chat de son voisin punk Russ (Matt Smith), qu’il va le vivre vraiment. Hank se retrouve Pris au piège entre des gangsters qui se disputent un magot volatilisé dont il aurait la clé… Entre un chat qui mord et des tueurs expéditifs, le jeune homme va devoir faire vite pour comprendre ce qui lui arrive et sauver sa peau. 

Darren Aronofsky écarte le côté drame intense et filme des personnages déjantés : Pavel et Aleksei, deux truands — un petit costaud et un grand gaillard — qui tapent toujours là où ça fait mal, Colorado, un trafiquant de drogue portoricain, une flic (Regina King) posée aimant les surprises, Shmully (Vincent D’Onofrio) et Lipa (Liev Schreiber) deux frères juifs orthodoxes, vieux tueurs à gages pour la mafia russe qui font shabbat de peur d’être trop mal vus là-haut… Comparés à ces deux-là, les mafieux russes d’Anora de Sean Baker, prêtent à sourire.

Autant dire aux âmes sensibles de s’abstenir car les coups pleuvent, le sang coule sans modération et les personnages disparaissent de mort violente les uns après les autres. Pendant ce temps-là, Hank survit, apprend à grandir entre deux coups de fil à sa maman et va finalement faire face à ses responsabilités. Tout compte fait, le chat est entre bonnes mains.

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