Prier ou draguer

Sandro (Malkhaz Abuladze), un jeune homme qui se cherche dans une Georgie post-soviétique / Photo: Steps Production 

Avec Panopticon, un film qui sort mercredi 24 septembre dans les salles de cinéma, le réalisateur George Sikharulize filme le passage à l’âge adulte d’un jeune introverti dans une Géorgie post soviétique où la religion joue encore un rôle important.

Pas facile de donner un sens à sa vie surtout lorsqu’on est un jeune homme introverti. C’est le cas de Sandro (Malkhaz Abuladze) dont la mère a quitté le foyer et dont le père décide de devenir moine orthodoxe. Livré à lui-même, l’homme en devenir va devoir composer entre son besoin d’amour, son idée de la virilité… et son devoir envers Dieu. Un Dieu qui voit tout, comme dans un Panopticon, ce genre de structure circulaire avec une tour de surveillance au centre, destinée à une prison. Heureusement, pour traverser ce délicat passage à l’âge adulte, Sandro — autant troublé par le sexe que par la foi — va pouvoir compter sur Natalia (Ia Sukhitashvili), la mère de Lasha, son pote de foot.

George Sikharulize nous entraine dans la Georgie du XIXe siècle, une Géorgie post-soviétique dont la jeunesse se montre plus turbulente que celle des générations précédentes, mais où la religion joue encore un rôle important. Et si le héros de Panopticon est un garçon, les femmes ont une présence essentielle même quand on ne les voit pas à l’image de la mère de Sandro absente parce que, comme beaucoup d’autres, elle a dû partir travailler à l’étranger pour subvenir au besoin du foyer. 

George Sikharulize filme avec délicatesse Sandro et son rapport aux femmes à commencer par sa relation avec Natalia, pas tout à fait mère/fils, pas tout à fait amants. Avec Tina (Salome Gelenidze), pas question d’avoir des relations sexuelles : sa petite amie doit rester vierge. Quant à Lana (Marita Meskhoradze), son amie étudiante qui danse dans un night-club club pour gagner sa vie, il la considère comme une prostituée. Dans l’esprit simpliste de Sandro, — et comme encore trop souvent au cinéma —, la femme représente soit la mère, soit la sainte, soit la pute. Heureusement, Sandro va évoluer et son regard sur les femmes va devenir plus complexe. On ne va pas s’en plaindre.

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