Un simple accident a remporté la Palme d’or du dernier festival de Cannes. Le réalisateur iranien Jafar Panahi signe cette fois un thriller surprenant sur fond de dictature implacable. Un film à voir mercredi 1er octobre au cinéma.
Jafar Panahi n’en finit pas de tourner même lorsque le gouvernement iranien le lui interdit. Et ce ne sont pas les spectateurs qui vont s’en plaindre d’ailleurs trois de ses films ont remporté les plus hautes distinctions des grands festivals internationaux : le Lion d’or de la Mostra de Venise en 2000 pour Le Cercle, l’Ours d’or de la Berlinale en 2015 pour Taxi, Téhéran et la Palme d’or à Cannes cette année pour Un Simple Accident. Autant dire que chacun de ses films est attendu des cinéphiles.
Nous voici donc une fois encore en Iran, de nos jours. Eghbal, sa femme et sa fille, famille apparemment aisée et heureuse, roulent en voiture, la nuit. Un Simple Accident provoqué par un animal, l’amène à s’arrêter dans un garage. Là, Vahib (Vahid Mobasseri) croit reconnaître en lui son ancien tortionnaire. Il suit le véhicule une fois réparé jusqu’à son domicile, attend que l’homme ressorte seul pour l’assommer et l’emmener dans le désert où il creuse sa tombe… Eghbal niant farouchement avoir été son bourreau, Vahib se met à douter. C’est le début d’une épopée sans héros mais avec d’autres prisonniers ayant dû supporter les mêmes tortures et les mêmes humiliations.
Différents points de vue
On rencontre ainsi Shiva (Maryam Afshari) devenue photographe, Golrokh (Hadis Pakbaten), sur le point de se marier, Hamid (Mohamad Ali Elyasmehr), vindicatif et sûr de lui… Tous ces personnages permettent au réalisateur de varier les points de vue : l’un se montre très violent, avec un évident désir de vengeance, l’autre a cherché à oublier et tend de prendre du recul. Les uns changent d’avis, les autres campent sur leur position. Mais tous se demandent ce qu’ils peuvent ou doivent faire de cet homme qu’ils craignent encore. N’est-il pas trop tard pour le laisser repartir?
Lors de ses deux séjours dans les geôles iraniennes, Jafar Panahi a croisé beaucoup de prisonniers d’origines diverses dont il voulait parler dans un film. Avec ses personnages hantés par la dictature qu’ils ont subi et qu’ils subissent encore, ces hommes et ces femmes, dignes et profondément humains, Un Simple Accident leur rend un bel hommage.
- Un Simple Accident de Jafar Panahi (Iran, 1h42) avec Vahid Mobasseri, Maryam Afshari, Ebrahim Azizi…
