Pour sa dernière programmation à la direction du Préau, Lucie Berelowitsch a réuni des artistes fidèles au CDN de Normandie-Vire. Cette saison 2025-2026 est ponctuée de rendez-vous avec Les Feux de Vire, un focus sur le cirque, le festival À Vif et invite à Planter des fleurs dans la neige.
En parcourant cette saison 2025-2026, Lucie Berelowitsch a pensé à Édouard Glissant et propose ainsi de Planter des fleurs dans la neige. « Il y a pas mal d’utopies, de rêves et de gestes poétiques dans cette programmation. Espérons que le monde puisse ainsi se transformer ». Les spectacles programmés au Préau, le CDN de Normandie-Vire, offrent d’autres visions du monde, incitent à des relations apaisées entre les êtres et invitent à retrouver un certain espoir.
« C’est une rentrée autour de la question sociale », annonce Lucie Berelowitsch. Éric Massé met en scène Des gens comme eux de Samira Sedira, inspiré de la « tuerie du Grand-Bornand, pour explorer la part d’ombre de chacun et chacune. Il est aussi question du rapport de domination dans Les Bonnes de Jean Genet (en photo) dont s’empare Mathieu Touzé. La directrice du Préau reprend Sorcières (titre provisoire), un texte de Penda Diouf sur la sorcellerie dans les campagnes.
Du cirque
La septième édition des Feux de vire tisse des liens entre la Normandie et la Réunion. Héva, un opéra de Labelle, est une androïde qui tente de conquérir sa liberté et des droits sur des airs de maloya et des musiques électroniques. Angélique Friant invite à une plongée dans l’Océan, un spectacle de marionnettes et vidéo, pour découvrir des créatures fantastiques. C’est une autre plongée qui est ensuite proposée dans un autre chapitre de cette saison. Celle dans les mémoires avec 1 729 secondes de Julie Lerat-Gersant, nouvelle artiste associée au Préau, et avec Vertiges de Nasser Djemaï. La première raconte les conséquences de la fermeture d’une maison des jeunes et de la culture et le second se souvient de son enfance dans une famille issue de l’immigration.
Lors du Focus Cirque, Le Préau accueille Jean-Yves Ruf qui adapte Le Baron perché d’Italo Calvino. Robin Renucci revient à La Leçon de Ionesco avec une comédienne, Christine Pignet, et une contorsionniste, Inès Valarcher. Seul Duel est un face à face entre un cheval, Bubastis, et son cavalier, Mathias Lyon.
La saison se termine avec le festival À Vif, destiné aux adolescents. « Je me suis souvenue des mots de Victor Hugo écrits lors de son exil. Il s’interrogeait sur la notion de l’étranger. Sommes-nous étrangers pour les autres, à nous-même ? Cela renvoie à la diversité, la différence », remarque Lucie Berelowitsch. Dans Le Scarabée et l’océan, Le Birgit Ensemble efface le masculin et le féminin. Betty Tchomanga narre des Histoire(s) décoloniale(s). Sofiane Chalal dévoile Ma Part d’ombre. Léopoldine HH conte les récits de vie de quatre femmes. Enfin Kristel Largis-Diaz revient sur les enfants volés du franquisme dans Coucoù.
Dans cette programmation, Lucie Berelowitsch multiplie les disciplines artistiques — avec de l’opéra pour une première fois — et les esthétiques. « Cette saison est comme un aboutissement de ces sept années passées au Préau et de ces projets qui se sont construits tout en ayant une écoute du territoire ».
