Haendel exprime l’amour fou dans « Orlando »

Photo : Thomas Amouroux

Orlando est une histoire d’amour contrarié qui emmène le chevalier vers la folie. Avec cet opéra, mis en scène par Jeanne Desoubeaux et joué mardi 4 et jeudi 6 novembre au Théâtre de Caen, Christophe Rousset et son ensemble Les Talens lyriques reviennent au répertoire de Haendel qu’ils affectionnent tant.

Un retour vers Haendel (1685-1759) ? Pas vraiment. « Je ne le quitte jamais, confie Christophe Rousset. Haendel est un compositeur qui m’est cher. Je l’ai découvert à l’adolescence. J’aime bien le retrouver régulièrement. Il m’inspire beaucoup. Je regrette qu’il n’ait jamais écrit de chef-d’œuvre pour le clavecin. Moi qui suis claveciniste ». 

Le fondateur de l’ensemble des Talens lyriques poursuit ainsi l’exploration du répertoire de Haendel avec Orlando, un opera seria en trois actes, créé à Londres en janvier 1733 et très peu joué. « L’intrigue n’est pas très poussée, reconnaît Christophe Rousset. Orlando n’est pas héroïque. Il est amoureux.  Ce n’est pas la version de Lully. Par ailleurs, cette pièce peut présenter quelques problèmes dramaturgiques. Jeanne Desoubeaux a trouvé des solutions malines pour que nous puissions suivre l’action ». 

Des subtilités

L’histoire : Angelica, reine de Cathay, et Medoro, prince africain, sont très amoureux. Or le chevalier Orlando est épris de la première et Dorinda, une jeune bergère, Haendel du second. Mais chez Orlando, l’amour rend fou. La metteuse en scène transpose cet opéra dans un musée où un groupe d’enfants voient les personnages des tableaux prendre vie et vivre des tourments amoureux. Le magicien Zoroastro viendra mettre remettre de l’ordre dans les sentiments de chacun et chacune.

Si l’intrigue n’est pas si haletante, la musique de Haendel est « un bijou, selon Christophe Rousset. Chaque air est magnifique ». Haendel parsème son écriture de subtilités orchestrales. «  Il y a de multiples couleurs et ambiances avec des airs désespérés et de furie. On peut aussi entendre de beaux effets de cors et de flûtes ». Le compositeur exprime la folie d’Orlando à travers « un beau lamento. Il y a un air en forme de gavotte qui revient trois fois. C’est une scène assez développée où Haendel fait passer son personnage par différents états. Il fait usage d’une mesure à cinq temps. Ce qui se retrouve dans la musique du XXe siècle et non dans celle du XVIIIe siècle. Il a une volonté d’innover ».

Dans ce spectacle, présenté au Théâtre de Caen les 4 et 6 novembre, les deux rôles masculins d’Orlando et de Medoro sont interprétés par des chanteuses, Noa Beinart et Rose Naggar-Tremblay. Une façon de s’affranchir des questions de genre et de répondre aux exigences des tessitures imposées par Haendel. Selon Christophe Rousset, « Jeanne Desoubeaux utilise cette ambiguïté et c’est efficace ».

Infos pratiques

  • Mardi 4 et jeudi 6 novembre à 20 heures au Théâtre de Caen
  • Durée : 3 heures
  • Tarifs : de 66 à 10 €
  • Réservation au 02 31 30 48 00 ou en ligne
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