Un couple dans la turbulence des Gilets jaunes

Karine (Virginie Efira), une mère de famille engagée dans le mouvement des Gilets jaunes / Photo : Wild Bunch Distribution

Thomas Kruithof s’intéresse à un couple dont la vie amoureuse se détériore lorsque l’une s’engage avec les Gilets jaunes et que l’autre se bat pour sauver son entreprise. Avec Virginie Efira et Arieh Worthalter, c’est brûlant comme Les Braises, un film à voir dès mercredi 5 novembre au cinéma.

Après un film d’espionnage, La Mécanique de l’ombre (2016) et un film sur l’engagement politique, Les Promesses (2021), sélectionné à la Mostra de Venise, c’est une autre forme d’engagement que Thomas Kruithof observe aujourd’hui dans Les Braises. Il met en scène un couple Karine (Virginie Efira) et Jimmy (Arieh Worthalter). Elle travaille à l’usine, lui, fait marcher tant bien que mal sa petite entreprise. Avec leurs deux ados Anaïs (Justine Lacroix) et Enzo (Loup Pinard), ils sont heureux malgré les fins de mois difficiles. 

L’engagement en question, c’est celui Karine qui, avec des collègues de travail, se laisse entraîner dans un des premiers rassemblements de Gilets jaunes. Alors que Jimmy se montre indifférent, voire défiant — il doute de l’efficacité du mouvement — la mère de famille ne tarde pas à adhérer à la cause, multiplie ses participations aux rassemblements et devient doucement mais sûrement une de leurs militantes les plus actives. Et ce n’est pas sans poser des problèmes au sein du couple. 

Dans l’action

Si les Gilets jaunes ne sont qu’un prétexte pour filmer un couple en crise, Thomas Kruithof nous embarque au sein du plus grand mouvement de contestation sociale qui a marqué la France dès le mois d’octobre 2018. Il filme la spontanéité des citoyens — pas toujours militants, rarement syndiqués. Et l’on retrouve Karine se faisant des amis sur un rond-point. On la voit provoquer des ralentissements et distribuer des tracts. On la voit se préparer à parler à Emmanuel Macron de passage dans la région. On l’accompagne à Paris pour une manif de plus grande ampleur… Le spectateur se retrouve au cœur de l’action de gens simples, des gens qui se sentent méprisés par les politiques de n’importe quel bord et qui trouvent espoir et force dans leur unité.

Karine fait partie de ces gens simples. Elle trouve espoir dans le collectif alors que Jimmy, plus individualiste, use ses forces en roulant jours et nuits pour remonter les finances de son entreprise. L’équilibre harmonieux du couple pourra-t-il supporter ces turbulences ? Va-t-il se durcir comme le mouvement qui lui sert de décor ? 

Comme toujours, Virgine Efira est parfaite dans ce rôle de novice qui, tout en douceur, évolue et devient indispensable. Arieh Worthalter parvient à faire en sorte que l’on ne déteste pas ce mari qui reste en dehors à la cause. Ces deux-là nous font croire en cet homme et cette femme qui se parlent beaucoup, qui s’écoutent, qui échangent même lorsque c’est compliqué. De quoi croire en l’amour.

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