Après Palma, moyen-métrage ayant remporté le Grand Prix du festival de Brive et le Prix du jury à Clermont-Ferrand, Alexe Poukine signe Kika, un premier long-métrage remarquable sorti au cinéma mercredi 12 novembre
Après le moyen métrage Palma, observant les tourments d’une mère qui ressent les limites de l’abnégation exigée par le lien mère-fille, Alexe Poukine fait le portrait d’une autre femme face à d’autres tourments. Dans son premier long-métrage, Kika, elle met en scène une jeune assistante sociale, mère célibataire, professionnellement armée pour être à l’écoute des personnes en difficultés en tout genre. Sur le plan personnel, Kika est fauchée mais vient tout juste de tomber amoureuse. Tout va pour le mieux jusqu’au jour où David (Makita Samba), meurt accidentellement.
Oublié ce début de comédie romantique, on passe au drame avec une Kika (magnifique Manon Clavel) enceinte sur le point d’être mise à la porte de l’appartement de l’homme qu’elle aime. Découvrant la précarité que vivent ses administrées, la jeune femme tente de s’en sortir comme l’une d’entre elles qui lui a été confiée : en vendant ses petites culottes sales sur Internet. Pour Kika, c’est l’occasion de mettre le pied dans un nouveau métier.
Fiction et documentaire
En suivant Kika, le spectateur découvre aussi ce monde plutôt déconcertant, rarement dépeint de l’intérieur, en allant à la rencontre de femmes solidaires et surtout de femmes qui, à leur manière, font du bien à ceux qui en ont besoin. Assistante sociale, le jour, dominatrice la nuit, Kika est à l’écoute des autres et tentent de leur venir en aide.
Alexe Poukine a croisé des travailleuses du sexe et suivi des ateliers de BDSM. Les expériences qu’elle en a tirées, donnent au film un côté documentaire d’autant plus fort que la comédienne Manon Clavel porte son personnage avec la plus grande sincérité. Elle joue avec sensibilité la maladresse de Kika lors de ses premiers pas en tant que dominatrice. Mal à l’aise, on la voit attentive aux sensations de l’autre, presque tendre, en tout cas bienveillante avec ses clients. Des clients jamais réduits à des hommes aux pulsions exigeantes. C’est parfois drôle, souvent émouvant, toujours juste.
- Kika d’Alexe Poukine (France/Belgique, 1h55) avec Manon Clavel, Ethelle Gonzalez Lardued, Makita Samba…
- Interdit aux moins de 12 ans
