Ceux qui ont aimé Voyage au Groenland devraient aimer tout autant L’Incroyable Femme des neiges. Pour son nouveau film, sur les écrans de cinéma à partir de mercredi 12 novembre, Sébastien Betbeder envoie Blanche Gardin en plein Pôle Nord. Et ça ne va pas très fort.
Blanche Cardin se fait aventurière dans le nouveau film de Sébastien Betbeder. L’Incroyable Femme des neiges, c’est elle. Attention à ne pas confondre avec l’abominable femme des neiges car Coline Morel, intrépide exploratrice du Pôle Nord, n’a rien d’abominable, au contraire. Le spectateur éprouve très vite de l’empathie pour cette jeune femme qui voit sa vie partir à la dérive. Et pour cause, après des années passées à traquer ce yéti auquel elle est la seule à croire, là voilà qui se fait licencier pile au moment où son compagnon la quitte…
« Le désarroi que traverse Coline entre en écho avec l’époque que l’on vit actuellement, assure le réalisateur. J’ai toujours trouvé que la maladie mentale était trop souvent traitée de manière condescendante alors que, pour moi, il est important de se poser des questions pour savoir pourquoi on en arrive là. D’ailleurs, je me demande si, au contraire, ce n’est pas une démonstration de résistance au monde qui nous entoure. Je trouvais que c’était le bon moment pour traiter de ce sujet-là. »
Comédie et drame
Le voici donc qui filme Coline en pleine débâcle dans un Pôle Nord où elle paraît toute petite. Et Blanche Gardin est parfaite pour jouer le désarroi, laissant le spectateur balancer entre sourire, identification voire même compassion. « J’ai écrit le rôle pour elle, confie Sébastien Betbeder. Si elle avait dit non, je crois que je n’aurais pas fait le film. » Alors l’aventure continue tout de même pour Coline qui quitte son paradis blanc pour rentrer dans son village natal où elle retrouve ses deux frères, Basile (Philippe Katerine) et Lolo (Bastien Bouillon), et même aussi son amour de jeunesse, qui vont l’aider à remonter la pente.
Des montagnes du Jura jusqu’aux terres immuables du Groenland, Sébastien Betbeder suit son héroïne et mélange les genres : forcément, les péripéties que vit Coline sont drôles — ses relations avec ses frères ne manquent pas de piment et le trio fonctionne bien —, mais parfois c’est douloureux, triste, presque tragique avec une touche de poésie qui apporte un soupçon de légèreté et une bonne dose de profondeur. « C’était un des paris du film, poursuit le réalisateur, je voulais allier plus que d’habitude la comédie et le drame. On peut dire que le film est composé de deux blocs, l’un est une comédie contaminée par le drame, et l’autre un drame contaminé par la comédie. »
On ne peut que vous conseiller d’aller à la rencontre avec cette Incroyable Femme des neiges, une spécialiste de Pôles au moment où elle est devenue bipolaire.
- L’Incroyable Femme des neiges de Sébastien Betbeder (France, 1h42) avec Blanche Gardin, Philippe Katerine, Bastien Bouillon…
