Devenir une bonne mère

Céline (Ella Rumpf) et Nadia (Monia Chokri), futures mamans, se posent les mêmes questions que les autres, mais pas que… / Photos : Tandem Films

Présenté aux Journées romantiques de Cabourg, Des preuves d’amour, un film d’Alice Douard, au cinéma dès mercredi 19 novembre, nous plonge avec humour et tendresse dans les préparatifs houleux de la parentalité d’un couple homosexuel.

Pour son premier long-métrage, Alice Douard s’appuie sur L’Attente, César du meilleur court-métrage, et nous livre Des preuves d’amour, une comédie énergique et émouvante qui met en scène Céline (Ella Rumpf) attendant l’arrivée de son premier enfant. Précision qui a son importance : Céline n’est pas enceinte. Dans trois mois, c’est Nadia (Monia Chokri), sa compagne, qui donnera naissance à leur fille. Et il est grand temps pour elle de trouver sa place en tant que co-maman. 

Alice Douard s’inspire de son expérience personnelle — elle n’a pas porté son premier enfant et a dû l’adopter — pour filmer ce couple de femmes qui s’aiment et se préparent à accueillir leur premier enfant, avec toutes les questions, doutes et angoisses qu’une telle situation peut générer. A celles du couple s’ajoute pour Céline, celle de la reconnaissance légale et donc de sa légitimité. De fait, la réalisatrice situe son film avant 2013, c’est-à-dire avant la loi Taubira, ajoutant ainsi à son héroïne, la nécessité de se coltiner des démarches juridiques sans certitude de succès pour pouvoir adopter l’enfant de sa compagne. Pour cela, elle doit recueillir quinze témoignages de proches prouvant qu’elle a désiré son enfant. Et c’est déjà une galère. 

Le regard des autres

Pour Alice Douard, pas question cependant de signer un film grave : Des preuves d’amour est envers et contre tout une comédie portée par deux comédiennes qui méritent d’être plus connues. La Franco-Suisse Ella Rumpf, vue dans Grave de Julia Ducournau (2017) et remarquée dans Le Théorème de Marguerite d’Anna Novion (2023) qui lui vaut le César du meilleur espoir féminin, se glisse avec gravité dans la peau de cette Céline en plein doute. Quant à la Québécoise Monia Chokri, elle nous avait fait rire en signant Simple comme Sylvain — César du Meilleur film étranger 2024 —, et continue de nous faire rire en incarnant une Nadia épanouie, le ventre bien rond, apparemment un peu plus optimiste que Céline. Et le contraste entre les deux femmes amuse d’autant que le scénario leur offre des dialogues bien écrits.

En prime, Alice Douard place le couple face aux regards des autres : une mère pas franchement à la hauteur (Noémie Lvovsky, hilarante), des amis de différentes générations, parfois trop curieux. Autant de signes qu’il va leur en falloir Des preuves d’amour, et pas que.  

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