Négociations secrètes

Ash (RIz Ahmed), un fixer très discret… Photo : Leonine

En avant-première au festival du Cinéma américain de Deauville 2025 et au cinéma mercredi 26 novembre, L’Intermédiaire (Replay) de David Mackenzie nous fait découvrir l’univers des négociateurs dans le monde des affaires.

On connaît vaguement le monde des affaires et ses enjeux économiques. On a tous entendu parler de lanceurs d’alerte qui tentent de mobiliser les consommateurs à propos d’un danger potentiel ou d’un scandale avéré. Dans L’Intermédiaire (Replay), David Mackenzie nous parle de ceux qui jouent le rôle de négociateurs entre une entreprise visée et une lanceuse d’alerte qui se sent en danger.  Et quand rien ne va plus entre deux camps, c’est là qu’intervient Ash (Riz Ahmed) un « fixer » de renommée mondiale, spécialisé dans la négociation de paiements entre entreprises corrompues et ceux qui menacent de les faire tomber.

Pendant près de deux heures, cet intermédiaire on ne peut plus discret nous tient en haleine. Grâce à une organisation millimétrée et des règles strictes, personne ne connaît son identité et même les demandes ou directives que sa cliente lui adresse ou reçoit, doivent passer par le relais d’un réseau téléphonique neutre qui transmet les messages à ses différents correspondants. Le spectateur ressent tout de suite un véritable stress en découvrant les méthodes de Ash. Le sentiment de danger est permanent.

Rester en vie

Et cela ne va pas s’arranger avec sa nouvelle cliente, Sarah (Lily James), qui se trouve en possession de documents compromettants envers cette société de biotechnologie. Moyennant une grosse somme d’argent — et son silence éternel —, ladite entreprise se dit prête à accepter de racheter lesdits documents… Tout en cherchant à les récupérer à son insu pour ne pas verser le moindre dollar.

Le spectateur se met vite à imaginer le pire et reste suspendu aux actions mises en place par Ash afin de faire aboutir les négociations entre la jeune femme et la société en question. Celui-ci comprend vite que les puissants n’ont pas l’intention de lâcher un témoin gênant. Pour Ash, il ne s’agit plus de monnayer un silence mais de permettre à sa cliente de rester en vie.

Basé sur le suspense, le film est d’autant plus efficace qu’il attire notre attention sur une situation potentiellement réelle : un métier de négociateur méconnu et ce réseau téléphonique parallèle dont on se demande s’il existe vraiment. Malheureusement, avec son switch final, David Mackenzie pousse les rebondissements un peu trop loin et l’on se met à regretter la simplicité rigoureuse d’une Conversation secrète qui rapportait une Palme d’or à Francis Ford Coppola en 1974. 

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