Présenté à la Semaine de la Critique au Festival de Cannes 2025, Reedland, premier long-métrage du Néerlandais Sven Bresser, au cinéma mercredi 3 décembre, joue sur les contrastes entre noirceur et lumière.
Sven Bresser raconte volontiers qu’il a grandi dans un petit village entouré de champs de roseaux. La culture commerciale du roseau y ayant disparu au début des années 2000, il l’a fait revivre dans son premier long-métrage, Reedland — traduire roselière — où un vieux fermier qui pourrait être son grand-père mène la vie calme et routinière d’un paysan accueillant sa petite-fille en cas de besoin.
La routine de cette vie — travail éreintant dans les champs de roseaux, retour à la maison le soir, diner, nourrir le cheval, dormir… — que l’on observe avec intérêt va dérailler le jour où Johan (extraordinaire Gerrit Knobbe) découvre sur ses terres, le corps sans vie d’une jeune fille. Bouleversé, le fermier se lance à la recherche de la vérité, déterminé à faire la lumière sur ce drame.
Une menace
Tourné à quelques centaines de kilomètres de la Normandie, Reedland nous offre pourtant des décors exotiques et grandioses dans lesquels l’homme peut paraître bien petit et parfois impuissant. Quant à la quête de vérité de Johan, elle donne à Sven Bresser l’occasion d’évoquer le quotidien du fermier et les difficultés qu’il rencontre, comme les rivalités entre villages de coupeurs de roseaux ou encore la mondialisation qui rend son métier ancestral pas assez rentable, avec le nationalisme sous-jacent que la situation génère. Johan est inquiet et ce n’est pas l’assassinat d’une jeune fille qui va le rassurer d’autant qu’il doit, ces jours-ci, veiller aussi sur sa petite-fille.
Pour le spectateur aussi, la menace plane au-delà des immenses roseaux agités par le vent qui limitent notre champs de vision, déforment les sons et les bruits des engins motorisés. Si le décor apporte une touche fantastique à Reedland, les comédiens non-professionnels, tous issus de la région de Weerribben-Wieden, nous ramènent à la réalité, à l’image de Gerrit Knobbe, rustre et attachant à la fois.
- Reedland de Sven Bresser (Pays-Bas, 1h45) avec Gerrit Knobbe, Loïs Reinders…
