Des rencontres avant tout

En cherchant un sens à sa vie, Laurent ( Baptiste Perusat) fait de belles rencontres, comme Sophia (Béatrice Dalle) / Photo : Mabel Films

Après Mourir à Ibiza, Anton ­Balekdjian, Léo Couture et Mattéo Eustachon nous entraînent dans une station de ski hors saison. Dans Laurent dans le vent, dans les salles de cinéma mercredi 31 décembre, ils filment avec humour les rencontres d’un trentenaire débonnaire.

Anton Balekdjian, Léo Couture et Mattéo Eustachon se sont rencontrés à La Cinéfabrique. Diplômés, respectivement des départements scénario, son et image, ils entament dès 2020 un travail collectif de réalisation. Après Mourir à Ibiza (un film en trois étés), réunion de trois moyens-métrages sortis en 2022, ils réalisent ensemble une comédie décalée, Laurent dans le vent.

Leur fameux Laurent (le lunaire Baptiste Perusat) est un jeune homme qui cherche à donner un sens à sa vie. À 29 ans, sans travail ni logement, le voilà qui atterrit dans une station de ski hors-saison où on lui a prêté un studio. Il tente de sortir de son état dépressif en allant à la rencontre des rares habitants du village. Aura-t-il envie de partir avec l’arrivée des touristes ? C’est à voir. 

Des gens paumés

Avec humour, Anton ­Balekdjian, Léo Couture et Mattéo Eustachon suivent les déambulations de ce trentenaire quelque peu paumé dans un territoire montagneux tel qu’on nous le montre rarement : station désertée et tours vides, champs vallonnés, sommets enneigés, routes sinueuses. Ils filment aussi les voisins, apparemment aussi paumés et solitaires les uns que les autres, que Laurent va finir par côtoyer. Il y a une herboriste au passé mouvementé, qui vit seule avec son fils, un geek fan de vikings, un éleveur qui cherche sa chèvre, un photographe installé dans un virage…

« Notre ancrage au cinéma nous permet de ne pas être dans le même état que Laurent, s’amuse  Anton Balekdjan de passage à Rouen, mais pour préparer le film, nous sommes allés faire les repérages sur le terrain. On aime bien s’imprégner de l’endroit et de la vie là-bas. Côté solitude, on n’est peut-être pas très proche de Laurent, mais dans le désir de rencontrer les gens, oui. On a tous les trois envie d’aller vers les autres. »

Chaque comédien, célèbre comme Béatrice Dalle ou révélé récemment comme Djanis Bouzyani (Tu mérites un amour), a sa tirade, son monologue, bref son grand moment. Grâce à Laurent, le personnage devient le héros qu’on a envie de connaître. Et lorsque la conversation s’installe, la solitude s’est évaporée. On aime voir Laurent se laisser porter au gré vent. D’autant que la montagne est belle que Laurent va de mieux en mieux. 

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