Pour son premier long-métrage, la comédienne Joséphine Japy s’inspire de sa famille, et plus précisément de sa sœur handicapée, Bertille, dont le prénom signifie étymologiquement Qui brille au combat, un film dans les salles de cinéma mercredi 31 décembre.
La trentaine tout juste passée, la comédienne Joséphine Japy, Swann d’Or de la révélation féminine en 2015 à Cabourg pour Respire de Mélanie Laurent, passe pour la première fois derrière la caméra. Elle nous livre un film bouleversant à partir de l’histoire de sa famille dont l’une des trois filles a un comportement autistique dû au syndrome de Phelan-McDermid.
Qui brille au combat se veut être une auto-fiction autour Bertille (formidable Sarah Pachoud), la plus jeune des deux sœurs des Roussier, atteinte d’un handicap lourd au diagnostic incertain. Elle pourrait mourir à tout instant. La famille vit dans un équilibre fragile autour de cette adolescente incontrôlable qui accapare les efforts et les pensées de ses parents, Madeleine (Mélanie Laurent) et Gilles (Pierre-Yves Cardinal, découvert dans Simple comme Sylvain de Monia Chokri), et de sa sœur aînée, Marion (Angelina Woreth), très investie, qui se construit et vit sa préparation au bac comme elle peut.
Un trio de femmes
Joséphine Japy s’intéresse surtout au trio de femmes — la mère et ses deux filles — avec pour héroïne Marion, la sœur ainée. Elle filme son quotidien chaotique au sein de cette famille, quotidien qui paraîtra certainement particulier au commun des mortels. Elle interroge aussi l’avenir de Marion, qui voit s’affronter son désir naturel d’émancipation et son amour inconditionnel pour sa sœur l’incitant à rester auprès d’elle.
Il n’en reste pas moins que Qui brille au combat, tout en étant intime et pudique, demeure un film positif. Joséphine Japy parvient même à nous faire sourire, avec une bataille d’eau mémorable, avec un diagnostic qui apporte une note d’espoir, et surtout avec cet amour qui unit les membres de cette famille presque comme les autres.
Exceptionnelle dans le rôle de Bertille, Sarah Pachoud se montre toujours juste. Nommée au César dans la catégorie Révélations féminines, la comédienne, qui nous vient du cirque, n’en fait jamais trop en restant dans une sorte de bulle qui la protège mais aussi l’éloigne des autres. Face à elle, Angelina Woreth endosse avec sincérité le rôle de Marion, jeune adulte avant l’heure, et Mélanie Laurent incarne une mère solide et aimante, avec une belle sérénité. Un beau casting pour un film puissant.
- Qui brille au combat de Joséphine Japy (France, 1h40) avec Mélanie Laurent, Pierre-Yves Cardinal, Sarah Pachoud, Angelina Woreth…
