Après une comédie dramatique, Qu’Allah bénisse la France, Abd Al Malik revient au cinéma avec Furcy, né libre, un drame adapté du roman de Mohammed Aïssaoui, L’Affaire de l’esclave Furcy. C’est un film à voir dans les salles mercredi 14 janvier.
Présenté au festival du Film francophone d’Angoulême puis au festival du Film de Sarlat, Furcy, né libre est l’adaptation du roman de Mohammed Aïssaoui, L’Affaire de l’esclave Furcy. Douze ans après son premier long-métrage, la comédie dramatique Qu’Allah bénisse la France, Abd Al Malik revient au cinéma avec un drame sensible basé sur l’histoire vraie d’un esclave d’une trentaine d’années qui, à la mort de sa mère, découvre un document prouvant qu’elle a été affranchie, ce qui, logiquement, fait de lui un homme libre… Un sujet qui ne pouvait qu’intéresser le rapeur aux multiples casquettes : auteur-compositeur, scénariste, écrivain, metteur en scène et pour la deuxième fois, réalisateur.
Plus que de l’esclavagisme, Abd Al Malik cherche à nous parler d’abolition. Pour cela, il nous ramène en 1817, sur l’Île de la Réunion alias Bourbon, au moment où un petit groupe d’esclaves pleure la mort d’une vieille femme. Quelques scènes suffisent pour témoigner de l’horreur de l’esclavage trop souvent associé à l’Amérique alors que la France, qui pratiquait massivement la traite des nègres, ne l’a aboli définitivement qu’en 1948.
Vingt-cinq ans de combat
Évidemment, le cinéaste rappelle les faits historiques mais il préfère avancer avec son héros, le noble Furcy (Makita Samba). Ce n’est pas un esclave comme les autres : cultivé, il sait lire et écrire, il est apte à se lancer dans une bataille juridique pour faire reconnaitre ses droits d’homme libre à l’occasion d’un procès intenté à Saint-Denis contre son maître Lory (Vincent Macaigne, ignoble à souhait). S’il trouve un véritable soutien auprès de Boucher (Romain Duris, un peu trop hargneux), un procureur abolitionniste, il aura contre lui toute une société raciste et tous les propriétaires terriens qui s’inquiètent à l’idée de perdre une main d’œuvre gratuite.
Il se passera plus de vingt-cinq ans — et de nombreux rebondissements — avant qu’un tribunal parisien accorde enfin à Furcy, le statut d’homme libre. Abd Al Malik nous raconte les années de lutte d’un homme au comportement exemplaire, qui n’a jamais cédé à la violence, sans jamais abandonner son combat : celui de défendre ses droits et faire appliquer la loi.
Makita Samba, inoubliable séducteur des Olympiades de Jacques Audiard — personnage qui lui a valu une nomination au César du meilleur espoir masculin en 2022 —, trouve ici son premier grand rôle. Un rôle qu’il endosse avec puissance et noblesse. En revanche, on peut s’étonner que le cinéaste ait attribué une compagne blanche (Ana Girardot) à son héros. Sans doute pour apporter une touche romantique à un film où les hommes, bons ou cruels, prennent toute la place.
- Furcy, né libre de Abd Al Malik (France, 1h48) avec Makita Samba, Romain Duris, Ana Girardot, Vincent Macaigne…
