Premières expériences au travail et en amour

Sprite (Martin Jauvat) à l’écoute des recommandations de Marie-Charlotte (Emmanuelle Bercot), sa monitrice d'auto-école / Photo : Le Pacte 

Deuxième long-métrage de Martin Jauvat après Grand Paris (2022), la comédie Baise-en-ville, au cinéma mercredi 28 janvier, a connu les honneurs du festival de Cannes lors d’une séance spéciale de la Semaine de la Critique. 

Il est très jeune, 20 ans, et sait déjà ce qu’il veut faire dans la vie : du cinéma. Voici donc que pour la deuxième fois après Grand Paris (2022), Martin Jauvat revient en tant que réalisateur, scénariste et acteur d’une comédie très personnelle au titre intriguant, Baise-en-Ville, qu’il est venu présenter à l’Omnia de Rouen après la grande première à la semaine de la Critique cannoise et un passage par Sarlat au festival dédié aux lycéens : « Ils étaient très réceptifs, se réjouit le jeune cinéaste rencontré sur place. En gros, ils se disent que la comédie française, c’est quand même assez chiant et lourd, un truc de vieux quoi. Et là, c’est un film plus à leur image, qui se met à leur place avec des expériences de vie qu’on peut avoir en commun, comme sortir du monde de l’enfance et essayer de devenir adulte. » 

De fait, le personnage que Martin Jauvat incarne et met en scène dans Baise-en-Ville en est à ce moment décisif de la vie d’un ado. « Faut pas croire, moi aussi j’ai galéré de ouf, confie Martin Jauvat. Je me suis lancé dans trois licences à la fac. Après je me suis fait larguer, je suis retourné chez mes darons, je fumais des joins, je prenais des bains. Ma mère a confisqué le bouchon de la baignoire… »   Il y a donc du vécu dans les mésaventures de son héros, Sprite, qui, lui, n’a pas encore trouvé comment donner un sens à sa vie. Il vit donc toujours chez papa et maman, et sa mère commence a en avoir marre de le voir trainer toute la journée. La menace tombe : s’il ne se bouge pas les fesses, il sera viré de la maison. Problème : comment trouver du boulot quand on n’a pas le permis. Et comment avoir le permis quand on n’a pas de quoi le payer.

« Moi, j’aimerais que tout le monde rigole »

Alors oui, Baise-en-ville a beaucoup plu aux lycéens, mais pas que… « L’humour et les références du film ne concernent pas que les jeunes, affirme le réalisateur. D’ailleurs rien que le titre, Baise-en-ville, renvoie à une autre génération, tout comme Bonne Nuit les petits. Moi, j’aimerais que tout le monde rigole mais c’est vrai que j’ai fait quelque chose de radical donc un peu clivant… » 

S’il accepte d’entrer dans la danse, le spectateur trouvera de quoi rire avec ce grand dadais maladroit mais attendrissant qui, en plus de ses parents (Géraldine Pailhas et Michel Hazanavicius), tout de même compréhensifs, trouve un soutien précieux auprès de Marie-Charlotte (Emmanuelle Bercot en grande forme), sa monitrice d’auto-école. Prête à tout pour l’aider, elle ira même à lui prêter son baise-en-ville…

On ne vous dira pas tout, mais sachez que Sprite a trouvé un travail dans une start-up spécialisée dans « le nettoyage de teuf à domicile dans tout le 77 », dixit son créateur (Sébastien Chassagne). C’est donc de nuit qu’il va officier et l’idée serait qu’il ne soit pas toujours obligé de rentrer chez ses parents après le taf. D’où le baise-en-ville… Sauf que Sprite n’est pas très doué au moment de faire une rencontre. Encore un motif pour sourire, voire même de rire.

Finalement, on trouve beaucoup de charme, de fantaisie et de poésie dans ce Baise-en-ville, dont on aime même les maladresses.

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