Les rares et frénétiques Spitfires atterrissent à Cléon samedi 31 janvier pour un concert à La Traverse qui s’annonce supersonique. Franchissement du mur du son garanti par Billy Sullivan et ses acolytes.
Il y a presque sept ans, la Normandie découvrait The Spitfires, de très jeunes boys originaires de Watford, restés coincés quelque part entre le punk de Clash, le revival mod des Jam et le mouvement 2-tone des Specials et Madness. Ils reviennent samedi 31 janvier pour un concert à la Traverse à Cléon, toujours conduits par le charismatique Billy Sullivan mais avec un line up une nouvelle fois renouvelé pour les dates françaises. Le gars Billy reste aux commandes mais les autres membres sont régulièrement parachutés puis remplacés au pied levé, et à nouveau largués, selon les périodes, les évènements et les besoins du frontman.
Il est vrai que l’histoire Spitfires démarre à la vitesse d’un F-4 Phantom II… ou presque. En tout cas, tout va très vite. Trop vite ! La presse spécialisée est unanime, couvrant de louanges ces jeunes espoirs britanniques aussi enragés que décomplexés. Et les labels qui convoitent le magnétique quatuor depuis l’album Year Zero se tirent la bourre mais c’est Acid Jazz Records qui finit par damer le pion aux autres et accrocher The Spitfires à son tableau de chasse. Un album assez formaté, le premier dans cette boite de production mais le quatrième du groupe – les gamins sont prolifiques – suivi rapidement d’un second qui permet aux Spitfires de clore leur contrat parce que le trip Acid Jazz n’est pas aussi convaincant que l’espoir qu’il suscitait.
À partir de là, Billy, dont l’ambition n’a d’égal que son talent, n’avance plus dans le même sens que ses copains de scène et préfère voler de ses propres ailes sous son patronyme. Là encore, malgré quelques bons titres et une grosse promotion, l’album en solo ne détrône pas les trois opus du début bien installés sur le podium des réussites.
Pourtant, la résurrection du groupe arrive avec le label français Bellevue Music en 2025. MKII signe le retour des Spitfires, toujours aussi teigneux et acerbes, l’esprit revanchard en plus. Le zinc a changé de réacteurs mais les nouveaux copilotes maintiennent le vol à haute altitude. On retrouve les marqueurs de la première période qui affirmaient le groupe mais aussi des singles pop plus modernes, Better The Devil You Know et I’ll Never, totalement calibrés pour le grand public et les plateformes de streaming. Il est clairement question de partage équilibré entre production à l’ancienne et technologie actuelle.
L’évolution est évidente et pourtant semble réfrénée afin de garder un pied dans le passé. La meilleure et grosse surprise de MKII se trouve d’ailleurs dans ce virage baggy auquel on ne s’attendait pas, en particulier sur l’excellent et dansant Let Me Tell Ya. C’est Watford vs Madchester. Il ne manquerait plus que La Traverse se transforme en The Haçienda le temps d’une chanson pour se retrouver à l’aube des nineties !
Si le disque, très produit, a été enregistré avec une volonté de large diffusion, la version live de The Spitfires dégage toujours autant de folie et de hargne même si la tournée française apporte encore pas mal de bouleversements au sein du groupe avec le retour inattendu au format trio du tout début. Le cru 2026 voit l’arrivée surprise (de dernière minute) et grisante du bassiste Fred Jimenez (AS Dragon, Burgalat, Murat, Hallyday) pour remplacer l’habituel Sam Dimond, retourné en urgence à Londres pour soutenir sa compagne gravement malade, et la gestion des fûts est attribuée à un tout nouveau batteur.
Une version inédite qui s’annonce prometteuse. En mars 2019, The Spitfires mettaient le Centre d’expressions musicales (CEM) à genoux. Les Havrais s’en souviennent encore. Et, hasard du calendrier de tournée, c’est justement le groupe de la porte Océane François Premiers, rock’n’roll band tout aussi foudroyant que nos… trois MODern gentlemen, qui ouvre la voie de ce concert aérien.
Infos pratiques
- Première partie : François Premiers
- Tarifs : 23 €, 19 €
- Réservation au 02 35 81 25 25 ou sur en ligne
- Aller au concert en transport en commun avec le réseau Astuce
