Gagner au loto et la famille explose

Pierre (Arnaud Ducret), Louise (Pauline Clément) et Jules (Thomas Solives) découvrent la somme que leurs parents prévoient leur donner / Photo : SND

Emmanuel et Armelle Patron adaptent au cinéma leur pièce de théâtre plébiscitée à Paris et en province depuis 2021. Les spectateurs devraient être encore plus nombreux à pouvoir rire avec leurs Chers Parents, à voir dans les salles de cinéma mercredi 25 février.

Les frères Lumière ont commencé en filmant leur famille. Depuis, en France et partout où une caméra peut donner vie, le cinéma ne cesse de raconter la famille — souvent en crise — à travers des comédies ou des drames. Emmanuel et Armelle Patron ont choisi la comédie pour en parler, d’abord sous la forme d’une pièce de théâtre intitulée Chers Parents. Leur famille idéale est sur le point d’exploser : une nouvelle incroyable risque de faire voler en éclats sa belle unité. Le succès étant au rendez-vous, le couple en a écrit l’adaptation cinématographique et Emmanuel s’est attribué la casquette de réalisateur.

Si en cinq ans de représentations théâtrales, les comédiens ont plusieurs fois changé, ceux du film ont été choisis parmi les plus amènes de nous séduire : Miou-Miou et André Dussollier pour incarner Alice et Vincent Gauthier, les parents, bobos parisiens retirés à la campagne ; le Rouennais Arnaud Ducret pour endosser le rôle de Pierre, le fils aîné, père de famille bourgeois attachant de l’importance à la réussite financière ; Pauline Clément pour jouer Louise, la fille, encore étudiante en médecine, aux fins de mois difficiles, et Thomas Solivérès pour interpréter le bohème Jules, le petit dernier, critique littéraire débutant, toujours fauché.

Une autre fin

On découvre d’ailleurs la fratrie dès la première scène, dans une voiture avalant les kilomètres pour les amener à la maison familiale, tous semblent passablement inquiets d’avoir été « convoqués » d’urgence par leurs parents. « Le cinéma nous fait changer de langage : on part d’un décor unique à un décor multiple et très vite, il faut en tenir compte, nous confie Emmanuel Patron de passage au Pathé du Grand-Quevilly. On a même été jusqu’à changer le récit de la pièce pour l’aérer et profiter des extérieurs. Comme c’est un huis clos assez tendu, on les amène à prendre l’air… D’ailleurs les vingt dernières minutes du film n’existe pas dans la pièce. Au théâtre, ce sont les enfants qui deviennent dingues, alors que dans le film c’est toute la famille qui devient folle. »

Bonne nouvelle donc pour tous ceux qui ont déjà vu la pièce et pour le spectateur qui peut être rassuré. Il n’assistera pas à du théâtre filmé mais à une comédie bien écrite, bien jouée, vraiment drôle. En prime, Chers Parents amène chacun de nous à se mettre à la place des différents protagonistes ; entre les parents qui, ayant gagné au loto, rêvent d’ouvrir un orphelinat au Cambodge, et leurs enfants, qui aimeraient bien eux aussi en profiter un peu… Jusqu’à se demander : et moi, qu’est-ce que j’aurais fait à leur place ? Et surtout jusqu’à la question centrale du film : quelle somme ferait notre bonheur ? Une question qui les empêche tous de de dormir.  Et vous ?

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