Aider à se reconstruire

À la Maison des femmes, toute l’équipe s’active pour aider celles qui en ont besoin / Photo : Marie Rouge

Dans La Maison des femmes, un film à voir dès mercredi 4 mars au cinéma, Mélisa Godet dirige  Karin Viard, Laetitia Dosch, Eye Haïdara, Oulaya Amamra, Juliette Armanet et Pierre Deladonchamps qui se donnent du mal pour venir en aide à celles que la vie malmène.  

Pour son premier long-métrage, La Maison des femmes, Mélisa Godet s’est intéressée à la structure du même nom, un pôle mère-enfant qui s’est ouvert en 2016 à Saint-Denis (93) dans le but de prendre en charge des femmes en difficulté ou victimes de violences conjugales, de viol, de mutilations sexuelles, de grossesse non désirée…  Et qui dit Maison des femmes, dit équipe soignante essentielle, efficace, souvent féminine, souvent débordée, qui assure de son mieux l’accueil, les rencontres, les soins, le suivi, l’animation, la reconstruction…  Le but : donner de l’espoir à ces femmes et les aider à revivre.

C’est tout ce chaos organisé que Mélisa Godet nous donne à observer avec des actrices aussi investies que leurs personnages : la Rouennaise Karin Viard en gynécologue-obstétricienne qui reconstruit des femmes mutilées, Laetitia Dosch, Eye Haïdara et Juliette Armanet en infirmières qui leur ouvrent les bras, Oulaya Amamra en jeune interne qui découvre une vocation…  Sans oublier les deux hommes de l’équipe, Pierre Deladonchamps en psychologue discret et Jean-Charles Clichet, qui s’occupe de son mieux des taches administratives. Toute une équipe sympa, soudée, énergique qui s’entraide dans l’adversité puisqu’on la découvre à un moment où la structure est menacée de fermeture, et même au moment du confinement.

Une nécessité

Mais finalement, dans cette Maison des femmes, les comédiennes qui nous touchent le plus, sont les moins célèbres, ce sont celles qui incarnent avec émotion les victimes qui frappent à la porte de cette maison, qui finissent par trouver une place où se sentir bien. En filmant leur visage au plus près, en écoutant leur plaintes — le récit d’une excision fait froid dans le dos —, Mélisa Godet leur donne l’importance qu’elles méritent. C’est sur ces femmes fragiles, apeurées, humiliées, blessées mais volontaires qu’elle veut attirer l’attention, et démontrer, s’il le fallait encore, la nécessité de la Maison des femmes. 

La Maison des femmes n’est pas seulement divertissant, c’est un film utile. Utile comme cet établissement de Saint-Denis qui a fait des petits puisque depuis 2021, d’autres Maisons des femmes ont été ouvertes à Marseille, Rennes, Poitiers, Tours, Montpellier, Clamart, Toulouse et même au Havre.

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