Ferrari en quête de l’héritage de Kadhafi

Noé (Jérémy Ferrari) et Zoulika (Laura Felpin) font la connaissance de Ryan (Eric Judor), et ça promet… / Photo : Iconoclast, Be Kind Films, Studio Canal

Pour son premier long-métrage, Les K d’or, au cinéma mercredi 11 mars, Jérémy Ferrari balance entre comédie et film d’action. Derrière et devant la caméra, il a su s’entourer puisqu’il est accompagné de Laura Felpin et Éric Judor

On connaissait l’humoriste, révélé il y a une quinzaine d’années par le Havrais Laurent Ruquier dans On ne demande qu’à en rire, on connaissait aussi le comédien remarqué aux côtés de Golshifteh Farahani dans Roqya, le drame de Saïd Belkibia (2023). On découvre aujourd’hui le réalisateur. Avec Les K d’or, Jérémy Ferrari signe son premier long-métrage.

Pour ses premiers pas, l’humoriste prend une direction qu’il maîtrise sur scène depuis longtemps : l’absurde. À commencer par le personnage qu’il incarne, un certain Noé qui, selon sa mère, est le fils caché de Kadhafi. On rit déjà en voyant la maman raconter sa mésaventure à la télévision…

Et c’est le début d’une grande aventure digne d’un film d’action. Car qui dit Kadhafi, dit héritage colossal ; sa fortune étant estimée à plusieurs centaines de milliards de dollars. Sauf qu’après des années de recherche, les enquêteurs des Nations unies n’ont toujours pas mis la main sur l’or et l’argent liquide exfiltrés par le dictateur. Noé, lui, ne se décourage pas. Depuis qu’il est adulte, il s’est spécialisé dans la recherche de trésors en tout genre, avec pour objectif principal : dénicher tout l’or éparpillé dans le Sahel depuis la mort de Kadhafi. Et la participation au Marathon des sables lui sert de prétexte.

Un trio soudé

Jéméry Ferrari n’est pas fou et ne se lance pas tout seul dans l’aventure d’un premier film. Pour  multiplier les rebondissements inattendus et les situations cocasses, il se donne deux partenaires de jeu à la hauteur de son délire. Pour lui, Laura Felpin devient Zoulika, intégriste tout juste sortie d’un centre de réinsertion civique, et Éric Judor se métamorphose en Ryan, quinquagénaire malvoyant, pas très futé.

Avec ceux-là, tout est prétexte à rire :  de la téléréalité au handicap, en passant par la dictature, la radicalisation… Et on ne sait pas très bien lequel des trois s’amuse le plus, entre le taiseux Noé qui fait souvent la tête, une spécialité de Ferrari sur scène face à ses complices Lecaplain et Tsamère. Mais qu’aurait-il de mieux à faire quand les deux autres — l’énervée Zoulika qui ne sait pas se taire, et Ryan, l’imbécile heureux, malvoyant et parfois sourd — font le show ?

Le spectateur qui entre dans l’univers de Jérémy Ferrari, oublie vite le scénario un peu bancal, pour profiter des sketches qui s’enchaînent.  

  • Les K d’or de Jérémy Ferrari (France, 1h36) avec Jérémy Ferrari, Laura Felpin, Eric Judor, Fred Testot…
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