Fauchés mais unis

Rose (Sandrine Kiberlain) et ses enfants trouvent un soutien inattendu de la part de Jean (Pierre Lottin) / Photo : Julien Panié

Sandrine Kiberlain et Pierre Lottin forment un couple inattendu dans Ceux qui comptent, une tragi-comédie familiale au joli titre, signée Jean-Baptiste Leonetti et projetée au cinéma à partir de mercredi 25 mars.

Après un film de science-fiction ultra radical, Carré blanc (2011), Jean-Baptiste Leonetti s’installe aux États-Unis où il signe Hors de portée (2015), un thriller avec Michael Douglas. Rien à voir donc avec ce qu’il nous propose à son retour en France puisque Ceux qui comptent est une tragi-comédie familiale portée par un couple inattendu, Sandrine Kiberlain et Pierre Lottin. « Vous, quand vous allez au cinéma, vous aimez voir des films différents, eh bien moi, j’aime faire des films différents : il n’y a aucun point commun entre mes films, sauf peut-être l’humour », nous confie le réalisateur lors d’une avant-première au Pathé Docks 76 à Rouen.     

Pour son héroïne Rose (Sandrine Kiberlain), une veuve au chômage  — on saura pourquoi un peu plus tard — Ceux qui comptent, ce sont d’abord ses trois enfants, Simon (Alexis Rosenstiehl), Tess (Louise Labèque) et Émilie (Alma Ngoc) qui squattent avec elle un ancien hôtel délabré. Malgré des responsabilités écrasantes, un manque d’argent constant et une santé fragile, Rose a toujours la pêche. C’est une battante, résolument positive, qui garde le sourire même dans les moments les plus pénibles. « Au tout début, je voulais faire un portrait de femme, se souvient Jean-Baptiste Leonetti, de ces femmes que l’on croise dans la vie, qui se battent, qui ont des emmerdes, qui ne se plaignent pas, qui ne sont pas dans la victimisation. Une femme qui se débrouille avec ce qu’elle a, avec son cœur, avec ses méninges… Mais au bout de vingt pages, je me suis dit qu’il manquait quelqu’un. »  

Ce quelqu’un, c’est Jean (Pierre Lottin) qui, un jour où Rose est prise la main dans le sac en train de chaparder aux rayons d’une grande surface, intervient de façon musclée et lui permet d’échapper aux vigiles… C’est la naissance d’un duo insolite. Car ces deux-là n’ont rien en commun mais Rose a le chic pour reconnaître ceux qui vont compter dans sa vie. Elle va s’accrocher à lui jusqu’à ce que toute sa petite famille devienne indispensable à ce solitaire qui a l’âme en peine..

Sandrine Kiberlain est parfaite en mère courage toujours souriante, insufflant la joie de vivre même dans les pires galères. « Je suis réalisateur et je peux vous dire qu’on en connaît des galères avant de réaliser un film », commente Jean-Baptiste Leonetti avec le sourire. 

De son côté, Pierre Lottin, bougon comme souvent mais toujours attachant, incarne ce taiseux magnifique, solitaire mais altruiste, qui se laisse apprivoiser par le rebelle Simon, la sage Tess et la malicieuse Émilie. Pour le spectateur, c’est un plaisir de voir cet homme taciturne, complètement hors système, s’ouvrir aux autres progressivement.

« Michel Simon disait qu’on ne dirige pas les acteurs, on les choisit », rappèle le réalisateur. Jean-Baptiste Leonetti a bien choisi ses acteurs, Sandrine Kiberlain, moins rare dans le registre comique depuis son César de la Meilleure actrice pour Neuf Mois ferme d’Albert Dupontel en 2014, et Pierre Lottin, le célèbre fils Tuche, César de la Meilleure révélation masculine cette année pour son rôle dans L’Étranger de François Ozon. Sans oublier la fratrie parmi laquelle on compte Alexis Rosenstiehl que l’on retrouvera en ado rock’n roll le 15 avril prochain dans Juste Une iIlusion d’Olivier Nakache et Éric Toledano.

En attendant, Jean-Baptiste Leonetti nous invite à profiter de la vie en bonne compagnie, et surtout avec Ceux qui comptent

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