Un conte lent mais envoûtant

Ciro (Alexis Lozano Tafur), de retour auprès de sa mère mourante / Photo : Dublin Films - Burning - Vulcana Cinema

Après un premier long-métrage Vers La Bataille, prix Louis-Leduc 2021, le documentariste français Aurélien Vernhes-Lermusiaux nous transporte dans le désert colombien de La Tatacoa pour un film envoûtant, La Couleuvre noire, sur les écrans de cinéma mercredi 25 mars.

Le désert colombien de La Tatacoa est au cœur du nouveau film d’Aurélien Vernhes-Lermusiaux, presque sa raison d’être. Dans La Couleuvre noire, il raconte le retour au pays d’un fils qui vient voir sa mère mourante. Dans la maison qui tombe en ruine, l’ambiance n’est pas seulement morose à cause de la mort qui rode mais aussi parce que le mélancolique Ciro (le ténébreux Alexis Lozano Tafur) est loin d’être reçu comme un fils prodigue.

Le réalisateur prend son temps pour évoquer les conditions dans lesquelles Ciro est parti travailler à Bogota, les raisons ou les personnes qui l’ont fait fuir. On ressent l’appréhension que provoque ce retour, auprès du père, mais aussi auprès d’une jeune femme qui ne l’a pas oublié. 

Alors que père et fils sont occupés à respecter les dernières volonté de la mère, Aurélien Vernhes-Lermusiaux nous raconte la légende de La Couleuvre noire, légende qu’il a inventée en s’inspirant du territoire la Tatacoa, mot qui signifie justement couleuvre noire. La région ayant changée — à cause du dérèglement climatique, la jungle est devenue un désert —, le serpent s’en est allé. Le réalisateur associe sa disparition à celle de la maman de Ciro. Le monde de Ciro, lui aussi, est sur le point de changer.

Économe en dialogue, Aurélien Vernhes-Lermusiaux amène le père et le fils à errer dans des paysages lunaires où se faufilent des serpents, petits et grands. Un film singulier, beau, inquiétant et envoûtant à la fois.

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