Dans Plus fort que moi, un film à voir dans les salles de cinéma mercredi 1er avril, Kirk Jones (II) raconte l’histoire vraie de John Davidson, un Écossais qui a permis à tous les Britanniques de mieux connaître le syndrome de Gilles de la Tourette dont il souffrait.
Depuis 1999, Kirk Jones (II) enchaîne les succès populaires : Vieilles Canailles, Nanny Mc Phee, Everybody’s Fine, Mariage à la grecque… Aujourd’hui, il s’écarte délicatement de la comédie pour proposer un biopic touchant, Plus fort que moi racontant l’histoire vraie de John Davidson, Écossais qui a grandi dans les années 1980 avec le syndrome Gilles de la Tourelle, pathologie encore méconnue à l’époque.
Pour rappel, cette maladie neurologique se caractérise par des tics et des cris compulsifs, mais aussi des obscénités ou des insultes involontaires lancées à brûle-pourpoint et qui peuvent choquer ceux qui ne sont pas au fait de la situation. Et comme on ne se refait pas, Kirk Jones (II) a pris le parti d’en rire ou du moins d’en sourire en multipliant les situations embarrassantes qui compliquent la vie de John dès son adolescence. De fait, le parcours de John Davidson est aussi comique que tragique.
Plus fort que moi met en scène l’enfance d’un gamin sympa (Scott Ellis Watson), plutôt bon élève, qui rêve de devenir gardien de but. Quelques jours avant la venue du sélectionneur qui doit déterminer son destin, les premiers symptômes apparaissent, d’abord des clignements d’yeux intempestifs, des tics saccadés, des petits cris inattendus… jusqu’à hurler « Suce ma b… » à sa mère (Shirley Henderson). Autour de lui, tout le monde pense qu’il cherche à se rendre intéressant en faisant l’idiot.
Cette méconnaissance de la pathologie est au cœur du film. Devenu adulte, John (Robert Aramayo) aura des problèmes avec les institutions scolaires, la police, la justice… Son père quittera le foyer et lui s’éloignera finalement de sa mère ultra rigide. Seule l’adorable Dotty (Maxine Peake), la mère d’un ami, infirmière en psychiatrie, semble comprendre ce qui se passe. Elle va lui apporter le réconfort nécessaire à surmonter son handicap.
Plus fort que moi raconte ainsi le combat de John Davidson pour être compris et accepté tel qu’il est. Combat qui le mènera à organiser des manifestations permettant à des personnes atteintes d’un tel syndrome de se rencontrer, de se reconnaître dans le parcours des autres, et de se réconcilier avec eux-mêmes. Cet engagement lui vaudra de recevoir l’insigne de Membre de l’Empire britannique des mains de la Reine d’Angleterre après avoir crié un « J’emmerde la Reine » haut et fort. Eh oui c’est plus fort que lui !
Dans la peau de John Davidson, le comédien Robert Aramayo livre une performance remarquable, aussi remarquable que celle du jeune Scott Ellis Watson qui incarne John adolescent. Une jolie leçon de vie.
- Plus fort que moi de Kirk Jones (II) (Grande-Bretagne, 2h01) avec Robert Aramayo, Shirley Henderson, Maxine Peake…
