Après avoir traité du commencent de la vie dans Los Días que vendrán et Tierra Firme, Carlos Marqués-Marcet s’intéresse à sa fin dans une tragédie romantique musicale, Polvo Serán, un film sur les écrans de cinéma mercredi 29 avril.
Sorti en Espagne fin 2024, Polvo Serán de Carlos Marqués-Marcet qui arrive cette semaine sur nos écrans, met en scène un femme atteinte d’une tumeur cérébrale incurable qui décide d’avoir recours au suicide assisté. Le plus surprenant, c’est que le réalisateur a choisi d’en faire une tragédie romantique musicale à la manière de Jacques Audiard et son Emilia Pérez. Ainsi, un moment éprouvant, une discussion philosophique, une dispute familiale ou une réflexion éthique peuvent laisser place à une danse macabre ou à un chant entonné par l’un des comédiens. Dès lors, si le couple âgé peut faire penser à beaucoup d’autres, le spectateur ne peut négliger le fait que Claudia (magnifique Ángela Molina) et Flavio (bouleversant Alfredo Castro), sont des artistes qui s’aiment à la ville comme sur la scène depuis plus de quarante ans.
L’action se met en place rapidement : le film s’ouvre sur une scène violente où, en présence de son mari impuissant, Claudia hurle sa douleur et casse tout sur son passage. Une scène qui traduit la crise aiguë que traverse le couple. La vie paisible une fois revenue, c’est une autre bataille qui se prépare. Claudia a choisi d’anticiper sa mort et Flavio, incapable d’imaginer la vie sans elle, a décidé de l’accompagner. Mais, en Espagne, le suicide assisté n’étant autorisé qu’aux seules personnes souffrant d’une infection grave et incurable, Claudia et Flavio devront partir pour la Suisse.
Et les enfants…
Et les enfants dans tout ça… Avant d’entamer le voyage vers la Suisse, Claudia et Flavio doivent réunir leur famille. Violeta, la plus proche, va jouer les médiatrices auprès de son frère et sa sœur. Le spectateur assiste alors à des débats houleux, des reproches douloureux, des embrassades interminables. Il n’en reste pas moins que le couple, malgré les doutes qui surviennent encore, place toujours l’amour avant tout. Amour de Michael Haneke nous revient par flash.
Le suicide assisté — toujours interdit en France — reste un sujet sensible mais attire de plus en plus l’attention des cinéastes, comme le démontrent des films comme Quelques Heures de printemps de Stéphane Brizé, Tout s’est bien passé de François Ozon, Le Dernier Souffle de Costa-Gavras, On ira d’Enya Barroux, Aimons-nous vivants de Jean-Pierre Améris ou encore La Chambre d’à côté de Pablo Almodovar… Le petit plus de Polvo Serán, c’est de nous ramener de manière esthétique et émouvante à l’un des temps forts de la Bible, lorsque Dieu rappelle à Adam : « Tu es poussière et tu redeviendras poussière… » Sauf qu’avec Carlos Marqués-Marcet et ses magnifiques comédiens, on danse sur la mort, et ça ne peut pas faire de mal, ou au contraire, paraître lugubre. À vous de voir…
- Polvo Serán de Carlos Marqués-Marcet (Espagne, 1h46) avec Ángela Molina, Alfredo Castro, Mònica Almirall…
