La musique, une force vitale

Cecilia (Tecla Insolia) n’a d’oreilles que pour la musique de Vivaldi (Michele Riondino)…  / Photo : Moana Films

Pour son premier long-métrage, au cinéma mercredi 29 avril, le metteur en scène d’opéras italien Damiano Michieletto s’est inspiré de Stabat Mater, le roman de Tiziano Scarpa, dont les héros trouvent une force vitale dans la musique. C’est Vivaldi et moi

En 2024, Gloria de Margherita Vicario nous faisait entrer dans une école de musique pour jeunes filles à Venise en 1800 pour nous raconter l’histoire d’une émancipation par la musique. Même programme avec Vivaldi et moi. Nous sommes encore à Venise au tout début du XVIIIe siècle et les caméras de Damiano Michieletto se faufilent dans un orphelinat, l’Ospedale della Pietà, qui recueille les fillettes abandonnées à la naissance. Une fois éduquées et formées à jouer d’un instrument, les jeunes filles intègrent l’orchestre puis, souvent masquées ou derrière une grille pour être dissimulées au public, elles donnent des concerts pour les riches mécènes de l’institution. La musique devient leur seule raison de vivre en attendant qu’un prétendant les demande en mariage en échange d’un don  substantiel à l’institution.

Damiano Michieletto évoque avec précision l’organisation de cet orphelinat moins charitable qu’il n’y paraît. Il filme la froideur des lieux de vie, la rigueur des tenues uniformes, la discipline stricte qui y règne et ces mariages arrangés, voire monnayés. Seule échappatoire pour toute jeune fille qui veut quitter sa condition. 

Le plaisir de jouer

Pour rappel, Damiano Michieletto a mis en scène à l’opéra de Paris et à l’opéra de Lyon, Le Barbier de Séville (2014), Samson et Dalila (2016), Don Pasquale (2018), Don Quichotte (2024) Les Contes d’Hoffman (2025). Pas étonnant donc que la musique soit au cœur de son premier long-métrage, celle que crée Antonio Vivaldi (Michele Riondino), jeune prêtre compositeur engagé par l’orphelinat pour faire travailler les musiciennes, et celle qui fait vibrer Cecilia (Tecla Insolia), 16 ans, violoniste douée en quête d’identité. On entend se profiler les premières notes des célèbres Saisons, l’orchestre à cordes s’enrichit d’instruments à vent, puis d’un chœur pour entonner les prémices du célèbre Gloria.

Damiano Michieletto permet au spectateur de ressentir le plaisir de jouer. Un plaisir si intense que Cecilia trouvera la force de renoncer à un mariage prometteur qui la contraindrait à quitter l’orchestre. Malheureusement le militaire victorieux, ayant déjà versé une avance à l’organisme, s’offusque de ce désistement. Cecilia devra encore trouver beaucoup de courage pour choisir sa vie.

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