Dans des chaos intérieurs

Rien ne va plus dans la vie d’Élise (Marie Rémond)… / Photo : Films Grand Huit

Marie Rémond se met en scène pour raconter une expérience personnelle douloureuse dont elle a pris conscience en découvrant le livre d’André Agassi, Open. Après la pièce, André, voici son premier long-métrage, Élise sous emprise, un film à découvrir au cinéma dès mercredi 13 mai.

Comédienne de théâtre — elle a obtenu en 2015 le Molière de la révélation féminine pour son rôle dans Yvonne, princesse de Bourgogne —, Marie Rémond a déjà été remarquée au cinéma dans quelques films comme Les Grands Esprits, Jeune Fille, Les Fantômes… Cette fois, elle passe derrière la caméra pour un premier long-métrage, Élise sous emprise. Et elle sait de quoi elle parle lorsqu’elle se met en scène dans la peau d’une héroïne en pleine crise de panique, l’air apeuré, le souffle coupé… Une sensation qui peut la surprendre n’importe où, sur une moto, dans le métro, au théâtre ou ailleurs.

Il faut dire que rien ne va plus dans la vie d’Élise (Marie Rémond). Alors qu’elle vit une relation toxique avec Léopold (José Garcia), la voilà propulsée à la tête d’une troupe de théâtre, suite à la mort soudaine du metteur en scène dont elle était l’assistante. Une charge mentale supplémentaire pour cette jeune femme qui manque totalement d’assurance. Alors, sous nos yeux, Élise vacille. Ses crises de panique se multiplient. Le spectateur ne peut que lui souhaiter de parvenir à reprendre le contrôle de sa vie.

Vers un apaisement

Marie Rémond reconnaît volontiers avoir vécu sous l’influence d’un homme toxique et avoir connu des épisodes de crises d’angoisses intenses et soudaines dont on sait qu’elles peuvent s’accompagner de vertiges, de nausées ou d’essoufflement. Elle filme donc son héroïne en pleine détresse, une détresse pas toujours perceptible de la part de ses amis ou de ses collègues. Seuls les membres du groupe de paroles auquel elle participe semblent la comprendre. D’ailleurs, ils décrivent les mêmes sensations lorsqu’ils évoquent leurs crises.

On la voit hésitante à chaque décision à prendre — ça prêterait presque à sourire —, jusqu’à la sentir totalement oppressée. Et ce n’est rien comparé à la vie malsaine aux côtés de Léopold. José Garcia surprend en jouant ce sale type, égoïste et manipulateur. Plus question de faire rire, il donne plutôt envie de le fuir ou le gifler. Heureusement Élise va croiser Joseph (Gustave Kervern), un homme doux, apaisant, proche de la nature, qui peut redonner fois en l’humanité.

Marie Rémond profite de l’occasion pour croquer quelques moments de vie théâtrale et filme des répétitions qui tâtonnent, des acteurs qui se posent des questions existentielles, un décorateur qui se prend la tête… Petit à petit, le spectacle prend forme mais le film prenant fin, le spectateur devra peut-être trouver la porte d’un théâtre pour revivre les émotions qu’il n’aura entr’aperçu que trop brièvement.

Partager l'article