La mort possible à chaque bouchée

Pour ces femmes, chaque repas était potentiellement mortel / Photo : Luca Zontini

Dans les salle dès mercredi 20 mai, Les Goûteuses d’Hitler du réalisateur italien Silvio Soldini qui adapte au cinéma l’histoire vraie de Margot Woelk, racontée dans le roman de sa compatriote Rosella Postorino.

Silvio Soldini ouvre une page méconnue de la Seconde Guerre mondiale qui concerne des femmes choisies pour leur jeunesse et leur bonne santé dans le but de devenir Les Goûteuses d’Hitler. Il adapte au cinéma le roman de sa compatriote Rosella Posterino qui s’était inspirée de l’histoire vraie de Margot Woelk qui, à la fin de sa vie — elle est décédée à 95 ans et a été la seule à survivre à la guerre — avait avoué avoir été pendant deux ans l’une des jeunes Allemandes forcées à goûter les repas préparés pour Adolf Hitler. 

Silvio Soldini nous ramène à l’automne 1943 au moment où Rosa Sauer (Elisa Schlott) vient de quitter Berlin bombardée, pour rejoindre Gross-Partsch, un village de Prusse orientale. Son mari étant sur le front russe, elle vient l’attendre auprès de ses beaux-parents. À peine installée, des militaires l’embarquent sans la moindre explication au quartier général nazi de Wolfsschanze, en compagnie de six autres jeunes femmes. Après des examens de santé expéditifs, elles se retrouvent devant une table élégamment dressée où des plats concoctés par un chef leur sont servis dans un silence glacial.   

Une heure à attendre

Silvio Soldini filme toutes les émotions qui traversent Rosa et ses collègues : l’étonnement mêlé d’inquiétude, l’émerveillement devant la nourriture qui manque tant au quotidien, l’effroi lorsqu’elles comprennent ce qu’il vient de se passer. De fait, on leur demande d’attendre une heure l’effet d’un éventuel poison avant de pouvoir sortir de table.  Désormais, deux fois par jour, elles vont risquer leur vie pour protéger celle d’Hitler.   

Le réalisateur italien a choisi de traiter au pluriel le roman La Goûteuse d’Hitler,  raconté à la première personne. Rosa est toujours l’héroïne principale mais les six autres protagonistes lui permettent de présenter différents points de vue, plusieurs personnalités, l’une des filles est naïve, l’autre révoltée, une autre se montre amère, une autre fan du führer… Rosa se rapproche d’Elfriede (Alma Hasun) qui cache un lourd secret et se sent étrangement attirée par leur bourreau, le lieutenant Albert Ziegler (Max Riemelt).

A l’heure où l’on évoque la paranoïa de Vladimir Poutine, Les Goûteuses d’Hitler rappelle le mépris des dictateurs envers la vie des autres.  

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