Roule, ma poule

N’entrant pas dans les normes, la petite poule noire va vivre sa vie… / photo Pallas Film

Cocotte de György Pálfi raconte la vie, l’amour, la mort… et même une histoire de trafic qui fait froid dans le dos, le tout filmé du point de vue d’une poule. Il fallait y penser, c’est original et jubilatoire. Le film est dans les salles de cinéma mercredi 27 mai.

György Pálfi, réalisateur hongrois découvert à Cannes en 2006, dans la sélection Un Certain Regard, avec Taxidermie, met en scène Eszti, Szandi, Feri, Enci, Eti, Enikő, Nóra, Anett, les vraies poules qui ont tenu le rôle principal de Cocotte, présenté au 50e festival de Toronto. Car oui, c’est bien une poule noire qui est l’héroïne de son nouveau film original et jubilatoire.

Le film s’ouvre sur la naissance de cette poule. Cet « accouchement » sans péridurale, observé de très près, met le spectateur dans l’ambiance. D’autant que nous sommes dans un élevage industriel et que le destin des poussins bringuebalés d’un point à un autre fait mal au cœur. On est quasiment dans le documentaire jusqu’à ce que la couleur noire de notre poule la rende non conforme aux yeux d’un employé qui la retire du lot en comptant en faire son dîner.  C’est là que l’aventure commence puisque notre Cocotte, pour laquelle on éprouve déjà de l’empathie, parvient à s’échapper. La caméra va la suivre dans différentes péripéties qui vont l’amener jusque dans la cour d’un petit restaurant. C’est dans cette famille liée à un réseau de migrants clandestins que Cocotte va découvrir l’amour…  

En suivant le parcours de cette poule qui picore là où elle peut et caquette à tout va en échappant à toute sorte de dangers — renard, voitures, chien… —  György Pálfi filme en arrière-plan les humains au comportement parfois intolérable, du broyage des poussins vivants au trafic d’êtres humains. Pour le réalisateur, Cocotte pose la question de la responsabilité : peut-on rester passifs face aux événements les plus cruels ? Et finalement, est-ce vraiment aux humains de dominer la terre ? Des questions qui donnent de la profondeur à cette Cocotte, balançant entre le thriller et le conte de fée.

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