Après Passion simple, la réalisatrice franco-libanaise Danielle Arbid présentait Seuls les rebelles, au cinéma mercredi 24 juin, aux récentes Journées romantiques de Cabourg.
À l’heure où le Liban vit dans la crainte des bombardements israéliens, Danielle Arbid nous entraîne à Beyrouth avec Seuls les rebelles qu’elle présentait récemment aux Journées romantiques de Cabourg en compagnie de l’acteur principal Amine Benrachid. Ce film avait toute sa place au programme du festival normand puisqu’il raconte l’histoire d’amour émouvante entre un sans-papier soudanais d’une trentaine d’années et une Libanaise d’origine palestinienne, septuagénaire.
Cette histoire concerne Suzanne (Hiam Abbass) et Osmane (Amine Benrachid). Veuve vivant seule à Beyrouth, elle intervient un soir où elle voit un jeune noir se faire tabasser. Elle l’amène chez elle pour lui prodiguer les premiers soins puis ils feront connaissance autour d’un repas. Les jours suivants, ils commenceront à combler leur solitude en se soutenant mutuellement. Ils ne tarderont pas à tomber amoureux et, comme des rebelles, feront face à toutes les insultes, toutes les attaques perfides des voisins et des proches de Suzanne pour qui cette relation est un scandale.
Un acte de résistance
Les histoires d’amour hors-normes ne sont pas rares au cinéma, l’originalité de celle-ci étant de se dérouler à Beyrouth où les conventions n’admettent pas la liberté que s’accordent Suzanne et Osmane. De plus, Beyrouth ne représente qu’une étape dans le parcours d’un migrant. Le couple résistera-t-il au rêve d’Europe qui habite Osmane ?
Pour Danielle Arbid, tout le film est un acte de résistance. « Je voulais parler, pas tant du racisme, mais de l’anarchie, des problèmes de société, de la dureté qui règnent au Liban tout en évoquant la générosité de ce peuple convivial et empathique », commente la réalisatrice avant de raconter comment le film censé se passer à Beyrouth a été tourné à Paris. « Beyrouth étant en urgence absolue, sous les drones et les avions israéliens, tous les extérieurs ont été filmés par une équipe libanaise que je dirigeais via Zoom. Ensuite les comédiens ont joué devant les images rétroprojetées sur les murs d’un studio de la banlieue parisienne. » Et le résultat est absolument bluffant. Si les images du générique paraissent volontairement bricolées, la technique s’oublie rapidement.
Seuls les rebelles nous montre un Liban au bord du gouffre tout en distillant de l’espoir via l’humanité de ceux qui s’aiment. Une humanité qui transpire chez l’incontournable Hiam Abbass, parfaite pour incarner la liberté, et du grand et beau Amine Benrachid qui a connu un parcours proche de celui de son personnage. « Moi je suis parti du Tchad et je suis arrivé en France en 2017, après être passé par la Libye, la Méditerranée, l’Italie… témoigne-t-il à Cabourg. J’ai commencé par faire un peu de mannequinat mais maintenant, mon travail principal, c’est être comédien.» Comme quoi, il y a toujours des raisons d’espérer.
- Seuls Les Rebelles de Danielle Arbid (France/1h38) avec Hiam Abbass, Amine Benrachid, Shaden Fakih…
