La création, c’est toute une histoire

Il est question des affres de la création dans Poil de carotte, poil de carotte, joué pendant Toute Première Fois et En Attendant L’Éclairicie. La compagnie Frenhofer de Flavien Bellec commence son tour de Normandie lundi 7 février à la chapelle Saint-Louis  à Rouen avec L’Étincelle.

Le titre rappelle bien évidemment le roman de Jules Renard. Or Poil de carotte, poil de carotte n’est pas du tout une adaptation de l’ouvrage. « C’est très compliqué ». Flavien Bellec a lancé quelques tentatives pendant deux ans avant d’y renoncer. « C’est presque un anti roman. Il n’y a pas de linéarité. Les chapitres sont autonomes. Jules Renard va à rebours des romans de l’époque, si naturalistes. En fait, Poil de carotte est un journal intime dans lequel il décrit tout ce qu’il a dans la tête ». Durant ce travail, le comédien et metteur en scène a lui aussi tenu un journal pour noter ses réflexions sur le livre et les étapes d’avancement du projet. « Le théâtre est fait d’accidents ».

Cet accident-là, c’est ce spectacle que Flavien Bellec n’arrive pas à écrire. Poil de carotte, poil de carotte relate le parcours sinueux et chaotique de la création. « Cela témoigne de cette recherche, de tout ce processus, de cette façon d’essayer de trouver une forme. Nous sommes là dans un endroit fragile, dans un moment drôle et cruel ». 

Poil de carotte, poil de carotte réunit deux artistes, un metteur en scène et un comédien, joué par Flavien Bellec et Étienne Blanc. « Nous discutons de nos rôles respectifs. Nous sommes à un endroit du jeu très fragile et très vivant parce que nous avons travaillé avec ce que nous sommes. C’est un jeu naturel. Cela crée des doutes mais a permis de trouver une liberté dans la forme ». Le metteur en scène de la compagnie Frenhofer fait là le lien avec le Poil de carotte de Jules Renard où « il se montre torturé, triste. Il faut transformer ses angoisses en quelque chose de créatif et joyeux ». Flavien Bellec a ajoute l’ironie dans ce spectacle. « Par le rire et la ruse, on peut arriver à rendre risible ce qui nous enferme ». Poil de carotte, poil de carotte se veut également « un hommage aux rêveurs ».

Infos pratiques

  • Lundi 7 février à 20 heures à la chapelle Saint-Louis à Rouen Tarifs : 10 € 7 €. Réservation au 02 35 98 45 05 ou sur www.letincelle-rouen.fr
  • Mardi 8 février à 20 heures au théâtre des Bains-Douches au Havre. Réservation au 02 35 47 63 09 ou sur www.theatrebainsdouches.fr
  • Mercredi 9 février à 20 heures au Rayon vert à Saint-Valery-en-Caux. Tarifs : de 11 à 6 €. Réservation au 02 35 97 25 43 ou sur lrv-saintvaleryencaux.com
  • Jeudi 10 février à 20 heures au théâtre de Lisieux. Tarifs: de 12 à 6 €. Réservation au 02 31 61 12 13 ou à theatre@agglo-lisieux.fr
  • Vendredi 11 février à 20 heures à la Cité Théâtre à Caen. Tarifs : de 10 à 5 €. Réservation au 02 31 93 30 40 ou sur www.lacitetheatre.org

Pour les jeunes compagnies

Ce sont deux festivals avec des noms différents mais des finalités similaires. Toute Première Fois à L’Étincelle à Rouen et En Attendant L’Éclaircie, à La Halle aux Grains à Bayeux, La Cité Théâtre à Caen, le Théâtre de Lisieux, le théâtre des Bains-Douches au Havre et Le Rayon vert à Saint-Valery-en-Caux ouvrent pendant une semaine une fenêtre sur la jeune création en Normandie. Jusqu’au 12 février, trois compagnies de théâtre vont présenter les premières représentations de leur nouvelle création. Avant L’Aube joue Ceci est mon corps, le récit d’une femme de 30 ans qui se redécouvre. Le Collectif Asymptomatique revient avec Désintégrations pour aborder la question des non-dits. La Compagnie Frenhofer imagine un dialogue entre deux artistes sur les affres de la création. À L’Étincelle, il faut ajouter Kuma des Mots de femmes, une pièce chorégraphique  sur la place de la femme dans la société.

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