Sur les pas d’Aimé Jacquet

photo : Pauline Le Goff

Dans Le Syndrome du banc de touche qu’elle joue les 11 et 12 mars avec L’Étincelle à la chapelle Saint-Louis à Rouen, Léa Girardet évoque une traversée en solitaire entre doutes et échecs et met en miroir son expérience et celle d’Aimé Jacquet pendant la Coupe du monde de football de 1998.

Une formation dans une école, trois années de tournée avec des projets artistiques au sein de plusieurs compagnies, puis plus rien. Pas un appel, pas un contrat. Suit une longue période de vide. Or, selon Léa Girardet, « pour être visible, il faut exister ». La comédienne a alors arrêté d’attendre. Elle s’est lancée dans l’écriture d’un solo pour raconter ces moments de solitude, ce sentiment d’exclusion et cette persévérance face à l’échec. « Pourquoi continue-t-on à y croire ? »

Cette interrogation a résonné et l’a renvoyée une décennie en arrière pendant l’écriture. L’année 1998 est marquée par la Coupe du monde de football qui s’est terminée par la victoire de l’équipe de France. Un événement important dans la famille de Léa Girardet. « C’était vital. Le foot, ce sont des souvenirs forts avec mes frères et mes cousins. Quand ils jouaient, ils ne voulaient jamais de moi parce que j’étais une fille. Alors j’étais le coach ».

« Être la Zidane du théâtre »

Un coach, comme Aimé Jacquet, le sélectionneur des Bleus victorieux. « Je l’aime beaucoup. Il est comme un personnage théâtral. Pendant la Coupe du monde, il a été beaucoup critiqué et lui restait droit dans ses bottes. Il était fascinant ». La comédienne s’est aussi intéressée aux joueurs qui ne sont pas beaucoup allés sur le terrain pendant les matchs. « Je me suis reconnue dans leurs paroles. Le parallèle avec le foot vient de là ».

Pour la comédienne, c’est Le Syndrome du banc de touche. Léa Girardet a réussi à prendre de la distance avec ces périodes douloureuses. « C’est important. Quand il m’arrive quelque chose de compliqué, j’y mets de l’humour pour combattre cette loose et être la Zidane du théâtre ». Dans cette création, elle n’est pas remplaçante mais seule sur le devant de la scène. « C’est un défi, une performance. Aujourd’hui, la performance, c’est l’essence. Nous devons être des winners, rentrer dans toutes les cases, avoir des followers, ne jamais montrer que ça ne va pas et avoir le sourire »

Le Syndrome du banc de touche est un spectacle autobiographique, plein de dérision. Léa Girardet partage toutes les difficultés à être comédienne et dessine ce chemin qu’elle a emprunté pour retrouver les scènes de théâtre tout en restant elle-même.

Infos pratiques

  • Vendredi 11 mars à 20 heures et samedi 12 mars à 18 heures  à la chapelle Saint-Louis à Rouen
  • Durée : 1 heure
  • Tarifs : de 16,50 à 3 €. Pour les étudiants : carte Culture
  • Réservation au 02 35 98 45 05 ou sur www.letincelle-rouen.fr
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