Pas de monstres hideux dans la maison hantée de Steven Soderbergh, juste une Présence pesante qui, malgré l’ambiance plutôt calme du film, génère une tension insidieuse. Le film sort dans les salles de cinéma mercredi 5 février.
Une famille emménage dans une nouvelle maison, où une mystérieuse présence hante les lieux… Un résumé de ce genre, on en a lu plus d’un, et de tous temps, les fans de films d’horreur se ruent pour voir ces films comme Poltergeist de Tobe Hooper (1982), Insidious de James Man (2010), sans oublier la saga des Conjuring initiée par James Wan (2013)… Si les fantômes sont régulièrement sources de frayeurs ou de cauchemars, ils peuvent parfois faire l’objet de comédie à l’image de Beetlejuice de Tim Burton (1988), S.O.S. fantômes d’Ivan Reitman (1984) ou La Famille Adams de Barry Sonnenfeld (1991).
Alors, à quoi peut-on s’attendre avec Steven Soderbergh, Palme d’or pour Sexe, mensonge et vidéo en 1989, Oscar du Meilleur réalisateur pour Traffic en 2000 et Golden Globe pour Ma Vie avec Liberace en 2013 ? Le réalisateur américain a choisi d’opter pour une sobriété qui risque de décevoir les amateurs de frissons : pas de monstres à l’horizon, pas de cris ni de hurlements mais une ambiance paisible entrecoupée de tensions pesantes que doit supporter l’adolescente de la famille (Callina Liang) dont la meilleure amie vient de mourir. C’est elle qui, entre deux réflexions sur la mort et ce qui peut se passer après, voit des objets changer de place, une tringle s’effondrer, une fenêtre se bloquer…
La caméra subjective de Steven Soderbergh se glisse auprès de cette famille typiquement américaine : parents aisés, souvent absents, fils ainé toujours prêt à faire la fête avec ses copains, et cadette, endeuillée. Le cinquième personnage, c’est bien entendu la maison, typiquement américaine elle aussi, avec ses murs en bois blanc, ses vastes pièces, sa cuisine moderne, son sol en parquet. Tout est beau, épuré… Le spectateur a beau prévoir le drame et s’y préparer dès les premières scènes, le film s’étire en douceur, fait un détour par l’évocation de la notion du consentement opposée à la soumission chimique… Jusqu’au choc final qui fait l’effet d’un coup de poing. C’est bref, intense et marquant.
- Présence de Steven Soderbergh (Etats-Unis, 1h25) avec Lucy Liu, Chris Sullivan, Callina Liang…
