Fille bien ou femme fatale

Yasmine (Leïa Haïchour) et Carmen (Lou Anna Hamon) évoluent chacune à leur manière, le temps d’un été à Marseille / Photo :  Zinc.films

Après la Quinzaine des cinéastes cannoise, Prïncia Car présentait au festival de Cabourg  Les Filles désir, son premier long-métrage écrit et interprété par une quinzaine de jeunes Marseillais participant à son atelier d’écriture. A voir dès ce mercredi 16 juillet dans les salles de cinéma !

Dans Les Filles désir, Prïncia Car nous fait vivre un été à Marseille où elle anime un atelier d’écriture. Avec une quinzaine de jeunes issus d’un des quartiers les plus pauvres de la ville — qui ont participé à l’écriture du scénario —, elle met en scène Omar (Housam Mohamed, très posé) qui, du haut de ses 20 ans, gère avec autorité la petite bande de moniteurs et monitrices d’un centre aéré.

La réalisatrice filme avec naturel la vie organisée autour des gamins, les jeux de ballons, les éclaboussures à la piscine, les activités manuelles, les éclats de rire, les retours au calme pas si calme… Elle filme aussi avec beaucoup d’humanité les rapports amicaux entre moniteurs, leurs discussions animées, leurs chamailleries bruyantes, et plus discrètement le rapprochement amoureux entre le sage Omar, toujours sérieux, et la douce Yasmine (Leïa Haïchour, pulpeuse), aux formes généreuses. La demande en mariage ne fait pas attendre au grand dam de la future belle-mère qui conseille à sa fille de prendre du bon temps avant de consacrer sa vie à un mari. Le conseil en dit long…

Deux catégories de filles

Car si Omar est apprécié et respecté de tous, il n’en reste pas moins aussi macho que bien d’autres. Comme beaucoup, il est du genre à penser qu’il y a deux catégories de filles, celles qu’on baise et celles, comme sa Yasmine, qu’on épouse. Le retour à Marseille de Carmen (Lou Anna Hamon, sensuelle), une amie d’enfance tout juste sortie de la prostitution, va bouleverser le fonctionnement de la petite bande. Chacun — et en particulier Yasmine — se questionne sur son rôle dans le groupe, son rapport au sexe et à l’amour. 

Les Filles Désir, sélectionné à la Quinzaine des Cinéastes, doit son titre à la chanson écrite et interprétée par Charline Mignot. N’y voyez pas une banale faute de grammaire, mais un jeu de mot entre les filles objets du désir des hommes, et ce que les filles désirent. Car si Omar est au centre du film, ce sont bien Yasmine et Carmen qui font battre nos cœurs. 

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