Infirmière débordée mais solide

Fin de service pour Floria (Leonie Benesch), complètement épuisée / Photo : Tobis Film

Petra Biondina Volpe nous emmène En Première Ligne pour suivre le rythme infernal d’une journée normale d’une infirmière dans un service hospitalier. Le film de la réalisatrice suissesse sort dans les salles de cinéma mercredi 27 août.

À peine sortie de La Salle des profs du réalisateur allemand İlker Çatak, Leonie Benesch se retrouve dans le quotidien aussi stressant d’un hôpital dans En Première Ligne de la Suissesse Petra Biondina Volpe. Elle passe la tenue d’une infirmière compétente que le spectateur va suivre le temps de son service auprès des patients, du personnel soignant, des visiteurs… Une journée qui commence doucement mais dont le rythme s’accélère à en faire battre le coeur.

La Suisse a beau avoir la réputation d’être un pays riche, elle connaît elle aussi des problèmes dans le domaine de la santé : une étude sérieuse indique que le pays connaîtra une pénurie d’environ 40 000 infirmiers et infirmières d’ici 2040. Une pénurie qui ne touchera pas que les Helvètes puisque l’OMS (Organisation mondiale de la santé) estime qu’on manquera d’environ 13 millions d’infirmières à travers le monde dès 2030.

Des gestes réalistes

La réalisatrice Petra Biondina Volpe a voulu montrer les conséquences de ce début de pénurie sur un service hospitalier de nos jours. Elle filme Floria (Leonie Benesch), infirmière dévouée faisant face au rythme implacable d’un service en sous-effectif. La jeune femme, aimant son métier, fait tout pour masquer le manque de bras, de matériels, de temps, et apporter chaleur et attention à chacun de ses patients. Priorité à l’humanité… Il n’empêche que répondre aux demandes de plus en plus pressantes, parfois même exigeantes, devient de plus en plus pénible pour Floria qui pourrait bien se sentir débordée au risque de commettre une erreur fatale…

On ne s’ennuie pas en compagnie de Floria. Leonie Benesch, exceptionnelle, a travaillé durement pour rendre réaliste le moindre geste professionnel, le moindre regard vers le matériel médical, le moindre échange avec les malades ou ses collègues. La comédienne — soutenue par une musique de plus en plus trépidante — nous fait ressentir le stress qui monte et qu’elle contrôle de plus en plus difficilement.  

À la fin de En Première Ligne, le spectateur, épuisé, se sent soulagé. Une belle manière de nous rappeler combien il est essentiel de respecter tous ceux et celles qu’on applaudissait à 20 heures pendant un confinement qui semble déjà bien loin.

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