Le réalisateur chilien Alejandro Amenábar nous raconte l’histoire vraie de Miguel de Cervantès dans Cervantès avant Don Quichotte, un film qui sort dans les salles de cinéma mercredi 1er octobre. Et ça fait froid dans le dos.
Pour peu que vous ayez pris quelques cours d’espagnol pendant vos années collège ou lycée, vous avez sûrement entendu parler de Cervantès et de son Ingénieux hidalgo Don Quichotte de la Manche luttant contre des moulins à vent. Cette œuvre littéraire parue au tout début du XVIIe siècle a été reconnue comme étant le premier roman moderne. Mais ce que vous ignorez sûrement, c’est par où est passé le jeune auteur avant d’en arriver là. Alejandro Amenábar nous en conte l’histoire dans un biopic épique, même si la plupart de l’action se déroule dans l’enceinte d’une prison.
Le réalisateur, révélé à l’international en 2001 par The Others, confirmé en 2004 par Mar Adentro — Oscar du meilleur film étranger —, nous ramène en 1575 lorsque le jeune Cervantes (Julio Peña (III) Fernandez), ancien soldat, est capturé par Hasán Bajá (Alessandro Borghi), le sultan d’Alger. À l’époque, la Méditerranée occidentale est le terrain de « jeu » des puissances chrétiennes et des provinces ottomanes d’Afrique du Nord. On y capture navires et équipages dans le but d’obtenir des rançons ou échanger de prisonniers…
Comme Shéhérazade
Considéré comme noble par ses geôliers, Cervantès représente pour eux l’espoir d’une forte rançon qui n’est malheureusement pas près de venir… Cervantès va végéter dans sa prison pendant cinq ans et, chaque jour, son destin ne tient qu’à un fil. Il ne doit sa survie qu’à son goût prononcé pour la lecture et à son talent de conteur. En effet, après avoir amusé ses codétenus, le jeune homme attire l’attention du sultan qui va vouloir le connaître. Comme Shéhérazade qui, chaque nuit, tient en haleine son mari pour ne pas être exécutée au petit matin comme toutes ses précédentes épouses, Cervantès s’attache l’intérêt de Hasán Bajá, fasciné par les histoires qu’il raconte… mais aussi sa belle prestance.
Ici Cervantès ne se bat contre des moulins mais ce n’est pas un hasard si les deux Trinitaires — moines issus de l’ordre religieux créé pour racheter les chrétiens captifs des Musulmans — ressemblent au longiligne Don Quichotte et à son bedonnant écuyer, Sancho Panza. On imagine facilement que ce séjour forcé de cinq ans en terre inconnue a marqué l’écrivain qui a su en tirer une expérience enrichissante.
- Cervantès avant Don Quichotte d’Alejandro Amenábar (Espagne, 2h14) avec Julio Peña (III) Fernandez, Alessandro Borghi, Miguel Rellán…
